Le président ougandais Yoweri Museveni a célébré, dimanche à Rwakitura, sa réélection à l’issue du scrutin présidentiel. Selon la Commission électorale, le chef de l’État sortant a obtenu 71 % des suffrages, un score qui lui permet de briguer un septième mandat à 81 ans, après quatre décennies au pouvoir. Devant les cadres de son parti, il a salué une victoire qu’il juge comparable aux premières heures de son mouvement, évoquant un retour à l’unité qui avait marqué la campagne de 1996.
Ce triomphe revendiqué est toutefois vivement contesté par l’opposition. Le principal challenger, Bobi Wine, a rejeté les résultats avant même leur proclamation officielle, dénonçant un processus entaché d’irrégularités. De son côté, le président réélu accuse ses adversaires d’attiser les tensions et met en garde contre toute dérive violente, appelant les contestataires à « revenir à la raison » tout en promettant une réponse ferme face aux troubles.
Le National Unity Platform affirme, pour sa part, que des arrestations arbitraires et des violences ont visé ses militants après le vote. Dans ce climat de crispation, une partie de la jeunesse exprime sa lassitude face à la longévité du pouvoir. Des jeunes cadres politiques dénoncent un programme jugé déconnecté des réalités actuelles, notamment le chômage massif des diplômés, et réclament un renouvellement de la gouvernance.
À l’inverse, les soutiens du président défendent sa capacité d’adaptation et estiment que la stabilité demeure un atout dans un pays où plus de 70 % de la population a moins de 30 ans.
Jeremy Ahossou