Au Bénin, la justice examine les suites de la tentative de coup d’État avortée du 7 décembre 2025. Mardi 13 janvier, le député d’opposition Soumaïla Sounon Boké, membre du parti Les Démocrates, a été le premier prévenu à comparaître devant la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (Criet). Il est poursuivi pour « apologie de crime contre la sûreté de l’État » et « incitation à la rébellion ».
Placée sous le régime de la procédure de flagrant délit, l’affaire est vivement contestée par la défense. Les avocats du député estiment que les conditions légales de cette procédure ne sont pas réunies, pointant des délais jugés anormaux entre les faits reprochés et la comparution. Ils dénoncent également la levée de l’immunité parlementaire de leur client, qu’ils considèrent injustifiée dans ce contexte.
Les poursuites reposent notamment sur un message publié sur les réseaux sociaux le jour des faits, dans lequel le député écrivait : « C’est jour de fête ». À la barre, l’élu a assuré que ces propos faisaient référence à de simples retrouvailles entre amis et a affirmé son opposition à tout coup d’État. La demande de libération provisoire a été rejetée et l’audience renvoyée au 24 février, tandis que le député a regagné sa cellule sous escorte renforcée.
Jeremy Ahossou