Le procès en appel relatif à l’assassinat du colonel Bitala Madjoulba connaît un nouveau tournant devant la cour d’appel militaire à Lomé. Mercredi 25 février, le procureur général a requis des peines allant de trois à cinquante ans de réclusion contre sept accusés impliqués dans cette affaire qui continue de marquer l’opinion publique togolaise. L’officier supérieur, alors à la tête du premier bataillon d’intervention rapide, avait été retrouvé mort par balle dans son bureau au camp militaire de Lomé en mai 2020, quelques heures après la cérémonie d’investiture présidentielle.
Ce nouveau procès fait suite à l’appel interjeté par l’État togolais, insatisfait du premier jugement rendu en première instance. À l’époque, deux prévenus avaient été acquittés tandis que cinq autres avaient écopé de peines comprises entre cinq et vingt ans de prison pour des chefs d’accusation tels que l’assassinat, la complicité, l’entrave à la justice et l’atteinte à la sûreté de l’État. Parmi les accusés figurent d’anciens responsables militaires de haut rang, le chauffeur du colonel ainsi que la secrétaire de permanence la nuit des faits.
Devant la cour, le ministère public a estimé que les condamnations initiales ne reflétaient pas la gravité des actes reprochés. Le procureur a évoqué un plan soigneusement préparé, soutenant que les accusés auraient agi avec une intention claire d’ôter la vie. Selon lui, tous les prévenus portent une responsabilité dans les événements, d’où la demande de sanctions plus sévères, notamment la peine maximale pour certains officiers et pour le chauffeur.
Au cours des audiences, les accusés ont maintenu leurs déclarations précédentes. La plupart des personnes entendues dans la garnison ont affirmé n’avoir perçu aucun coup de feu la nuit du drame, à l’exception d’une sentinelle qui a indiqué avoir cru à un éclatement de pneu. Les plaidoiries de la défense doivent se poursuivre, dans un climat judiciaire particulièrement scruté, alors que la cour s’apprête à examiner l’ensemble des arguments avant de rendre sa décision.
Jeremy Ahossou