Education


Mali - Crise au sein des syndicats de l’éducation : le SY.P.E.S.CO. se démarque de l’assemblée générale du 14 avril

last updated: Saturday, April 11, 2026 11:47 PM
Source: Nouvelle Afrique

Acteurs de la synergie des syndicats de l'éducation signataires du 15 octobre 2016

Le front syndical de l’éducation vacille. Par un communiqué officiel publié ce samedi 11 avril 2026, le Syndicat des Professeurs de l’Enseignement Secondaire des Collectivités (SY.P.E.S.CO.) a annoncé qu’il ne participerait pas à l’assemblée générale de la Synergie prévue pour le 14 avril prochain.

La rupture semble consommée au sein des défenseurs de l'école malienne. Alors que la Synergie des syndicats de l'éducation signataires du 15 octobre 2016 s'apprête à se réunir mardi prochain, le Bureau Exécutif National du SY.P.E.S.CO. a choisi de tracer sa propre voie. Signé par son secrétaire général, Moulaye Koniba Coulibaly, le texte est sans équivoque : le syndicat refuse de s'associer à une démarche qu'il juge contraire au respect des lois de la République.

Au cœur de cette fracture se trouve la gestion des diplômés de la "nouvelle formule" de l’École Normale Supérieure (ENSUP). Selon le SY.P.E.S.CO., certains syndicats tentent d'intégrer ces détenteurs de licence professionnelle dans l'enseignement secondaire, alors que les textes en vigueur les destinent exclusivement à l’enseignement fondamental. Pour Moulaye Koniba Coulibaly, il s'agit d'une question de principe et de crédibilité. Le secrétaire général n'a d'ailleurs pas mâché ses mots pour justifier ce retrait : « Cette divergence est intervenue lorsque certains syndicats, aveuglés par l'émotion, ont tenté de piétiner les textes de la République au profit de leurs intérêts personnels. Il n’est pas bienséant de défendre l'indéfendable au risque de perdre notre crédibilité syndicale dont l'objectif premier est le respect strict des textes. »

 

Un appel à la poursuite des cours

Le syndicat se défend de toute hostilité envers les jeunes diplômés, mais refuse de leur vendre des illusions. Le communiqué précise qu'il est inutile de leurrer ces enseignants en les poussant vers des revendications qui les exposeraient à des impasses juridiques graves. Le bureau national estime que vouloir les défendre contre les textes revient à les exposer à des dangers dont personne ne pourra les extirper.

En conséquence, la direction du SY.P.E.S.CO. exhorte l'ensemble de ses militantes et militants à ne pas suivre le mouvement de contestation. L'organisation demande officiellement à ses membres de vaquer normalement à leurs activités pédagogiques le mardi 14 avril 2026. Cette décision marque un tournant majeur dans l'unité syndicale, le SY.P.E.S.CO. affirmant sa volonté de combattre ce qu'il qualifie désormais d'injustice syndicale tout en restant un acteur strictement légaliste.

Cyril DAKPITI


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