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Togo - À Lomé, l’opposition interpelle la Francophonie sur la crise politique togolaise

last updated: Tuesday, April 7, 2026 11:40 PM
Source: NEW AFRIQUE

Quelques cadres de l'opposition Togolaise

À l’ouverture de la 17ᵉ Conférence des présidents d’Assemblée et de section de la région Afrique de l’Assemblée parlementaire de la Francophonie (APF), organisée depuis mardi à Lomé, une partie de l’opposition togolaise a choisi de porter le débat sur le terrain politique. Profitant de cette rencontre internationale, plusieurs regroupements ont mis en cause la légitimité des institutions chargées de représenter le Togo sur la scène francophone, estimant que l’image présentée à l’extérieur ne reflète pas la réalité politique interne.


Réunis devant la presse, des responsables de la DMK-original, de la DMP, du mouvement LDP et du Front « Touche Pas à Ma Constitution » ont dénoncé « une contradiction majeure » entre les principes démocratiques défendus par la Francophonie et le fonctionnement actuel des institutions togolaises. Selon eux, l’Assemblée nationale issue des dernières législatives ne traduirait pas la diversité des sensibilités politiques du pays. Ils jugent que cette configuration prive l’opposition d’une représentation réelle dans plusieurs cadres parlementaires, y compris au sein de l’APF.


Les critiques ont également visé l’Organisation internationale de la Francophonie, accusée d’avoir cautionné des mécanismes électoraux contestés. Les opposants reprochent notamment à l’institution d’avoir considéré le fichier électoral de 2024 comme « suffisamment fiable », malgré les nombreuses réserves exprimées à son sujet. Pour eux, le choix porté sur Lomé pour accueillir cette conférence revient à « offrir un prestige diplomatique aux autorités togolaises », ce qui alimente, selon leurs mots, une forme de complaisance à l’égard du pouvoir en place.


Dans leur déclaration, les partis et mouvements concernés sont aussi revenus sur la réforme constitutionnelle adoptée en 2024, qui a instauré un régime parlementaire. Ils dénoncent « un basculement institutionnel sans consultation populaire », affirmant que ce changement a renforcé la concentration du pouvoir autour du président du Conseil, Faure Gnassingbé. À leurs yeux, cette évolution institutionnelle continue de nourrir une crise de confiance entre les gouvernants et une partie de la population.
 

L’opposition a insisté sur la situation des libertés publiques, évoquant « une réduction drastique de l’espace civique » à travers des interdictions de manifestations, des dispersions de réunions politiques et plusieurs actes d’intimidation. Elle a également remis sur la table la question des détenus politiques, du retour des exilés et de l’ouverture d’un cadre de dialogue qu’elle souhaite « inclusif et transparent ».

 

Jeremy Ahossou 


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