Au Kenya, plusieurs hauts responsables du secteur pétrolier ont été contraints de quitter leurs fonctions à la suite de graves accusations de manipulation des données liées aux stocks de carburant. Cette décision, annoncée par la présidence, intervient dans un contexte de forte dépendance du pays aux importations pétrolières, notamment en provenance du Moyen-Orient, et de craintes de pénurie sur le marché national.
Parmi les personnalités concernées figurent le directeur de l’autorité de régulation de l’énergie et du pétrole, celui de la compagnie nationale de transport et de stockage des hydrocarbures, ainsi qu’un haut fonctionnaire du département d’État chargé du pétrole. Selon les autorités, ces démissions font suite à des irrégularités constatées dans la chaîne d’approvisionnement, notamment des manipulations de données ayant permis l’importation d’une cargaison de carburant à un coût jugé excessif.
Dans un communiqué officiel, la présidence affirme que « des irrégularités dans la chaîne d’approvisionnement » ont été mises au jour, évoquant également « la manipulation de données pour importer d’urgence du carburant » en dehors des contrats établis. Le bureau du président William Ruto souligne que « cette action semble avoir été menée pour exploiter la hausse des prix mondiaux et l’inquiétude du public », créant ainsi une fausse perception de pénurie imminente.
Les autorités indiquent que l’enquête se poursuit, avec déjà des sanctions administratives et des arrestations enregistrées, bien qu’aucune inculpation n’ait encore été prononcée.
Pour information, cette affaire survient alors que les tensions au Moyen-Orient font peser des risques sur les économies africaines, en particulier sur les coûts de l’énergie et le pouvoir d’achat des populations.
Jeremy Ahossou