Le capitaine Ibrahim Traoré, chef de la transition au Burkina Faso, a affirmé que les Burkinabè devaient désormais « oublier » la question de la démocratie, lors d’un entretien diffusé à la télévision nationale. Arrivé au pouvoir en septembre 2022 après un coup d’État, il assume ouvertement le caractère non démocratique du régime et écarte, pour l’instant, toute perspective d’élections.
Initialement prévue pour prendre fin en juillet 2024, la transition a été prolongée de cinq années supplémentaires à travers une nouvelle charte, qui autorise également Ibrahim Traoré à se porter candidat à de futurs scrutins. Dans le même temps, plusieurs institutions majeures ont été supprimées, notamment la Commission électorale nationale indépendante en octobre 2025, puis les partis politiques en février 2026, déjà suspendus auparavant.
Au cours de cet entretien de plus de deux heures, le dirigeant burkinabè a aussi abordé la crise sécuritaire qui secoue le pays depuis plusieurs années. Il a rejeté les accusations d’exactions visant l’armée et ses supplétifs, tout en affirmant que les forces nationales mènent seules les combats, malgré l’appui matériel russe.
Il a également évoqué le retour à Ouagadougou de son prédécesseur, Paul-Henri Sandaogo Damiba, poursuivi dans des affaires liées à des tentatives de déstabilisation.
Jeremy Ahossou