Dans une nouvelle tentative d’apaisement des tensions autour de la gestion des enseignants titulaires de Licence professionnelle, le ministre de l’Éducation nationale, Amadou Sy Savané, a adressé une correspondance officielle (N°0000054/MEN-CAB) aux directrices et directeurs des académies d’enseignement. Objet du document : « Gestion du personnel enseignant détenteur de Licence professionnelle ». À travers cette note, le département entend accélérer la sortie de crise tout en assurant la continuité pédagogique dans les établissements scolaires.
Dans cette correspondance, le ministre rappelle le contexte ayant conduit à la situation actuelle. « Faisant suite à la Lettre n°2024-001004/MEN-SG du 30 octobre 2024, relative à la suspension du redéploiement des enseignants détenteurs de la licence, plusieurs rencontres se sont tenues au Ministère de l'Éducation nationale avec les syndicats de l'Éducation, pour une sortie de crise », écrit-il.
Ces échanges entre les autorités éducatives et les partenaires sociaux visaient notamment à lever la suspension du redéploiement et à proposer des solutions durables à la question de l’employabilité des enseignants concernés, notamment après leur formation continue.
Dans un ton à la fois ferme et conciliant, le ministre appelle à la responsabilité des enseignants concernés. « Conscient de l’enjeu et du sens élevé du devoir, j’interpelle les enseignants détenteurs de Licence professionnelle de l’École normale supérieure de Bamako (ENSup) à retourner dans leurs écoles d’origine, avant la formation continue, à donner les cours aux apprenants, en attendant la relecture des textes y afférents », a-t-il indiqué.
Par ailleurs, des instructions précises ont été données aux responsables académiques pour une mise en œuvre rapide de cette mesure. « J’instruis les Directrices et Directeurs des Académies d’Enseignement à procéder, dans les quinze jours qui suivent, à l’affectation des détenteurs de la Licence professionnelle, dans les écoles relevant des Centres d’Animation pédagogique de leur ressort », précise le document.
Cette décision intervient dans un climat marqué par des inquiétudes persistantes au sein du corps enseignant, certains syndicats n’excluant pas des actions de protestation si des solutions pérennes ne sont pas trouvées.
En attendant la relecture annoncée des textes réglementaires, cette mesure transitoire vise à éviter toute perturbation majeure de l’année scolaire et à garantir le droit à l’éducation des élèves sur l’ensemble du territoire.
Cyril DAKPITI