La réponse humanitaire au Mali continue de faire face à d’importants défis financiers et opérationnels. Selon le bilan du premier trimestre 2026, les partenaires humanitaires n’ont mobilisé que 92,4 millions de dollars sur les 577,9 millions de dollars requis pour la mise en œuvre du Plan de réponse humanitaire (PRH) 2026, soit seulement 16% des besoins de financement.
Le PRH 2026 prévoit d’apporter une assistance et une protection à 3,8 millions de personnes parmi les 5,1 millions identifiées comme ayant besoin d’une aide humanitaire dans le pays. Toutefois, quelques mois après son lancement, la faiblesse des ressources financières et les difficultés d’accès à certaines zones ont considérablement limité l’ampleur des interventions. Face à cette situation, les acteurs humanitaires ont été contraints de revoir leurs priorités.
Sur les 3,8 millions de personnes ciblées, 1,49 million ont été classées comme « prioritaires », c’est-à-dire les populations les plus vulnérables devant bénéficier en priorité d’une assistance vitale dans un contexte de ressources extrêmement limitées.
Cette stratégie de ciblage permet de concentrer les moyens disponibles sur les besoins les plus urgents. Néanmoins, une grande partie des besoins humanitaires demeure non couverte.
Les organisations humanitaires estiment qu’un montant de 329,2 millions de dollars reste nécessaire pour garantir une assistance minimale aux populations prioritaires dans plusieurs secteurs essentiels, notamment l’accès à l’eau potable, l’hygiène et l’assainissement, la sécurité alimentaire, les abris, les biens non alimentaires, la santé, la nutrition et la protection.
Malgré ces contraintes, les partenaires humanitaires ont poursuivi leurs efforts sur le terrain. Entre janvier et mars 2026, au moins une forme d’assistance a été fournie à 223 428 personnes, dont 215 429 considérées comme prioritaires. Si ces chiffres restent modestes au regard des besoins et des objectifs fixés, ils témoignent de l’engagement des organisations humanitaires à soutenir les populations les plus vulnérables dans un contexte marqué par l’insécurité, les restrictions d’accès et le manque de financement.
Les acteurs humanitaires lancent ainsi un appel pressant aux bailleurs de fonds afin de renforcer leur soutien financier. Ils plaident également pour la mise en place de mesures concrètes visant à faciliter l’accès humanitaire aux populations en détresse.
« À défaut d’une mobilisation rapide des ressources nécessaires, le déficit de financement actuel pourrait avoir des conséquences humanitaires graves et durables, compromettant non seulement la réponse d’urgence, mais aussi les perspectives de relèvement et de stabilité à moyen et long terme », préviennent-ils.
Amadou Traoré