Le gouvernement malien a franchi une nouvelle étape dans sa stratégie de lutte contre l’insécurité en décidant de suspendre, pour une durée d’un an renouvelable, l’importation, le transit, la commercialisation, la vente, la distribution à titre gratuit ainsi que la circulation des motocyclettes de cylindrée égale ou supérieure à 125 cm³ sur une grande partie du territoire national.
Selon les autorités, cette mesure vise principalement à réduire les capacités de mobilité des groupes armés terroristes qui utilisent fréquemment ces engins pour mener des attaques, assurer leur logistique ou échapper aux opérations de poursuite des forces de défense et de sécurité.
En plus de l’interdiction d’importation et de commercialisation, le gouvernement a également suspendu la circulation des motos de 125 cm³ et plus en dehors des grandes agglomérations. Cette restriction concerne l’ensemble du territoire national et s’inscrit dans le cadre des efforts déployés pour renforcer la sécurité des populations et améliorer l’efficacité des opérations militaires.
Les autorités estiment que cette décision permettra aux Forces armées maliennes de mieux contrôler les déplacements dans les zones sensibles et de limiter les moyens de déplacement privilégiés par les groupes terroristes opérant dans plusieurs régions du pays.
Cette mesure exceptionnelle intervient dans un contexte marqué par la poursuite des opérations de sécurisation du territoire et la volonté affichée des autorités de transition de renforcer les dispositifs de lutte contre le terrorisme et le grand banditisme.
Si l’objectif sécuritaire est largement mis en avant, cette décision pourrait également susciter des interrogations chez certains usagers et acteurs économiques concernés par l’utilisation ou le commerce de ces motocyclettes. Les modalités pratiques d’application de la mesure devraient être précisées par les services compétents dans les prochains jours.
Pour le gouvernement, il s’agit avant tout d’un choix stratégique destiné à priver les groupes armés de moyens logistiques importants et à offrir aux forces engagées sur le terrain des conditions plus favorables pour poursuivre leur mission de sécurisation du territoire national.
Au Mali, les groupes armés terroristes utilisent généralement des motos pour se déplacer afin de commettre leurs attaques.
Amadou Traoré