À Abidjan, les opérations de déguerpissement ont repris dans plusieurs quartiers précaires, provoquant de vives réactions au sein de la population et de l’opposition. À Vridi-Canal, un quartier de Port-Bouët occupé depuis plus de soixante ans, des milliers d’habitants ont été contraints de quitter leurs logements depuis le 5 juin, en pleine saison des pluies. De nombreuses familles affirment avoir perdu leurs biens et se retrouvent sans solution immédiate de relogement.
Face à cette situation, des responsables politiques de l’opposition dénoncent la méthode employée par les autorités. Ils estiment que la lutte contre l’insalubrité et l’aménagement urbain ne doivent pas se faire au détriment des populations les plus vulnérables. Plusieurs voix appellent à davantage de concertation, de planification et d’accompagnement social avant toute démolition de quartiers habités.
Le gouvernement ivoirien défend toutefois ces opérations, affirmant qu’elles visent à restaurer l’ordre urbain et à protéger les habitants installés dans des zones considérées à risque. Les autorités rappellent que Vridi-Canal est exposé à plusieurs dangers, notamment une ligne à haute tension, l’érosion côtière et des risques d’incendie. Elles assurent également que des mesures d’indemnisation et de relogement sont prévues pour les ménages affectés par les déguerpissements.
Jeremy Ahossou