Notre confrère Youssouf Sissoko, directeur de publication du journal L’Alternance, a comparu ce lundi 13 avril devant la Cour d’appel dans le cadre de l’examen de sa demande de mise en liberté provisoire.
À l’issue des débats, la Cour a décidé de mettre l’affaire en délibéré pour le 20 avril 2026.
Pour rappel, le journaliste avait déjà comparu devant le Pôle national de lutte contre la cybercriminalité lors de l’audience publique du 9 mars 2026. À l’issue de cette procédure, il avait été fixé sur son sort le 23 mars 2026 : le tribunal l’avait condamné à deux ans de prison ferme, assortis du paiement d’un million de francs CFA à titre de dommages et intérêts.
Youssouf Sissoko était poursuivi pour offense à un chef d’État étranger et atteinte au crédit de l’État, à la suite de la publication dans son journal d’un article jugé outrageux envers un président étranger. Placé sous mandat de dépôt depuis le 5 février, il avait reconnu une erreur et présenté ses excuses lors de l’audience du 9 mars.
Lors des réquisitions, le procureur Adama Coulibaly avait demandé cinq ans de prison ferme. Le tribunal a finalement prononcé une peine moins lourde, certains observateurs y voyant l’effet du mea culpa exprimé par le journaliste.
Cette affaire suscite une vive inquiétude au sein du milieu des médias maliens, partagé entre la nécessité de préserver la liberté de la presse et le respect des dispositions légales relatives à l’offense envers un chef d’État.
Amadou Traoré