À la veille du double scrutin présidentiel et législatif prévu le 15 janvier, l’Ouganda a été plongé dans un black-out numérique. Depuis la soirée du mardi 13 janvier, l’accès à Internet, aux réseaux sociaux et aux services de messagerie est totalement suspendu sur l’ensemble du territoire. Cette décision intervient alors que le président sortant Yoweri Museveni, au pouvoir depuis quatre décennies, brigue un septième mandat face notamment à l’opposant Bobi Wine.
Les autorités, par l’intermédiaire de la Commission ougandaise des communications, justifient cette coupure par la volonté de lutter contre la désinformation, la fraude électorale et les risques d’incitation à la violence. En plus de l’arrêt d’Internet, la vente de nouvelles cartes SIM et le roaming des abonnements étrangers ont été suspendus, malgré les assurances répétées du gouvernement affirmant que le réseau ne serait pas bloqué durant les élections. Cette mesure est intervenue dans un climat déjà tendu, marqué par des restrictions visant des organisations de défense des droits humains et de la presse, ainsi qu’un important déploiement des forces de sécurité à Kampala et dans plusieurs grandes villes.
La coupure suscite de vives inquiétudes parmi les internautes et les organisations de défense des libertés. Plusieurs internautes dénoncent une atteinte grave à la transparence du scrutin, rappelant qu’un scénario similaire avait eu lieu lors de la présidentielle de 2021.
Pour les défenseurs de la liberté d’expression, ce black-out empêche journalistes, militants et citoyens de communiquer et de témoigner sur le déroulement du vote, fragilisant ainsi la crédibilité même du processus électoral dans un contexte politique déjà jugé fébrile.
Jeremy Ahossou