L’annonce par le président Paul Biya de la formation prochaine d’un nouveau gouvernement, faite lors de son discours de Nouvel An, reste sans suite deux semaines plus tard. Cette attente prolongée est d’autant plus remarquée que le gouvernement actuel, en place depuis sept ans, n’a pas été remanié malgré des démissions, des décès de ministres et plusieurs scandales ayant marqué la vie politique camerounaise.
Au sein du parti au pouvoir, le RDPC, cette situation suscite à la fois espoir et prudence. Certains responsables estiment que la dernière élection présidentielle a mis en évidence le mécontentement des Camerounais sur la gouvernance et les résultats économiques et sociaux. Les appels du chef de l’État à la probité et à l’intégrité sont perçus comme une volonté affichée de redonner confiance, même si beaucoup attendent des actes concrets.
Dans l’opposition, les positions divergent. Le PCRN se dit disposé à répondre à un éventuel appel pour servir l’intérêt national, tandis que l’Union démocratique du Cameroun juge qu’un remaniement ne produira pas de changement réel sans réformes profondes. De son côté, le MRC de Maurice Kamto refuse de commenter la situation, contestant la légitimité du nouveau mandat présidentiel.
Jeremy Ahossou