Economy


Mali - Faboula Gold SA : 297 travailleurs sous la menace d'un licenciement

last updated: Tuesday, January 13, 2026 6:26 PM
Source: New Afrique

Image d'illustration

La crise sociale s’aggrave à la mine de Faboula, près de Yanfolila, région de Bougouni. Pour cause : suite à l’échec de la médiation entre les parties, constaté officiellement par la Direction régionale du Travail, après une mission de bons offices, le 5 janvier 2026, la société minière dit être « contrainte d’engager le licenciement de 297 travailleurs pour motif économique, conformément à l’article L.48 du Code du travail, dont la liste et les critères de sélection seront communiqués dans un délai de 48 heures, suivi d’une nouvelle réunion de consultation.

 

En effet, précise la direction de la mine : « depuis le 9 janvier 2026, les travailleurs concernés ne sont plus couverts par le régime du chômage technique, mais relèvent désormais de la procédure de licenciement pour motif économique. Leurs contrats restent en suspens, sans reprise effective du travail, dans l’attente de l’issue définitive de la procédure ».

Pour les familles de près de 300 travailleurs, l’inquiétude est totale, d’autant plus que cette situation contraste fortement avec les engagements publics de préservation de l’emploi pris par les autorités maliennes et la société minière quelques mois auparavant, notamment la  signature récente d’un protocole d’accord censé garantir la continuité de l’activité minière et la préservation des emplois.

Pour rappel, tout commence le 8 octobre 2025, lorsque la direction générale de la mine de Faboula publie la note de service n°280-25-NS-DIR-GEN-01, annonçant la suspension totale des activités d’exploitation minière et de traitement gravimétrique sur le site.

Par conséquent, près de 300 employés sont placés « en chômage technique pour une durée indéterminée, sans rémunération ni avantages sociaux ».

La direction justifie cette mesure par l’application du protocole d’accord du 2 octobre 2025, signé entre l’État du Mali, Multi-Assets Holding Ltd et Faboula Gold SA, dans le cadre d’un vaste programme de modernisation et de renforcement des capacités de production de la mine.

Aussi, soutiennent les responsables de la société minière, « les équipements actuels seraient inadaptés, nécessitant des investissements lourds pour permettre une exploitation rentable et durable ».

Pourtant, quelques mois plus tôt, le 28 juillet 2025, le gouvernement malien avait signé, dans le cadre du nouveau Code minier de 2023, des protocoles d’accord avec Faboula Gold Mining, Bagama Mining et Kalana Mine d’Or, présentés comme des partenariats « gagnant-gagnant ».

À cette occasion, le ministre de l’Économie et des Finances, Alousséni Sanou, avait assuré que chaque société devait employer environ 2 000 personnes et générer d’importants contrats de sous-traitance locale.

Pour sa part, le ministre des Mines, Amadou Keïta, s’était félicité d’un cadre juridique favorable à une exploitation durable et profitable pour l’État et les investisseurs.

Mais le 10 octobre 2025, un nouveau tournant est pris. Par la note n°283-25-NS-DIR-GEN-01, la direction notifie officiellement la mise en chômage technique de 297 agents issus de tous les corps de métiers : mineurs, laborantins, agents de sécurité, informaticiens, techniciens de la base-vie, entre autres.

Après trois mois de chômage temporaire, la situation bascule dans une phase encore plus grave. Dans une note d’information relative à la poursuite de la procédure de licenciement pour motif économique, la direction générale informe les travailleurs du déclenchement formel de la procédure prévue aux articles L.47 et L.48 du Code du travail malien.

La direction rappelle que le chômage temporaire avait été décidé conformément à l’article L.35 de la Loi n°92-020 du 23 septembre 1992, modifiée par la loi n°2022-005 du 20 mai 2022, après consultation des délégués du personnel et information de la Direction régionale du Travail. Cette période légale de trois mois a pris fin le 9 janvier 2026.

Enfin, la réunion de consultation, tenue le 23 décembre 2025, afin d’examiner des solutions alternatives pour éviter les licenciements, n’a pu trouver aucun accord entre les parties. 

Amadou Traoré 


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