Le Rwanda a ouvert, jeudi 5 février 2026 à Kigali, les travaux de son Dialogue national, Umushyikirano, un forum biennal qui réunit autorités publiques, organisations de la société civile et citoyens autour des grandes questions nationales. À l’occasion de cette cérémonie, le président Paul Kagame a consacré une large part de son adresse à la situation sécuritaire dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC) et aux pressions diplomatiques visant son pays.
Dans un discours au ton offensif, le chef de l’État rwandais a rejeté les accusations portées contre Kigali et dénoncé les menaces de sanctions internationales. « La quantité de menaces auxquelles nous sommes confrontés au quotidien… parfois, on se sent étouffé, mais au lieu d’être étouffé par tout cela, je préfère défier ces menaces », a-t-il déclaré, estimant que la communauté internationale détourne le débat des véritables causes du conflit. Il a aussi fustigé ce qu’il considère comme une inversion des responsabilités, affirmant que l’on cherche à faire porter au Rwanda des problèmes qu’il n’a pas créés.
Poursuivant, Paul Kagame a directement mis en cause le président congolais Félix Tshisekedi et l’attitude de certains partenaires internationaux. Selon lui, « traiter un pays ou un président comme un enfant gâté » ne fait qu’encourager l’absence de solutions durables. Il a également dénoncé la focalisation sur une supposée présence militaire rwandaise en RDC, au détriment, selon lui, de la menace persistante des FDLR, qu’il considère comme un danger majeur pour la sécurité du Rwanda.
Enfin, répondant aux accusations d’accaparement des ressources minières congolaises, le président rwandais a balayé ces allégations. « Si nous étions en RDC pour les minerais, le Rwanda serait cent fois plus riche », a-t-il affirmé, réitérant que son pays agit avant tout pour sa sécurité. .
Jeremy Ahossou