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Togo - Remise de Henri Sandogo Damiba : l’ANC fustige une violation grave du droit d’asile

last updated: Thursday, February 5, 2026 9:07 AM
Source: NEWAFRIQUE

Jean Pierre Fabre opposant du régime de Lomé

L’Alliance nationale pour le changement (ANC) a vivement condamné la remise par les autorités togolaises de M. Henri Sandogo Damiba, ancien président du Burkina Faso, aux autorités burkinabè issues du coup d’État qui l’a renversé. Dans une déclaration rendue publique à Lomé, le parti parle d’« un précédent gravissime » et d’une décision marquant « une rupture brutale avec les principes fondamentaux du droit d’asile, du droit international et des valeurs humanistes » auxquelles le Togo se réclame.

Pour l’ANC, cet acte constitue clairement « un refoulement politique déguisé » et une « trahison manifeste des obligations internationales du Togo ». Le parti estime que le principe de non-refoulement, pilier du droit international interdisant la remise d’un réfugié vers un pays où sa vie ou sa liberté est menacée, a été « cyniquement violé ». Il souligne qu’aucun État responsable ne peut livrer un réfugié aux autorités mêmes dont il a fui le pouvoir, a fortiori lorsqu’il s’agit d’un régime militaire issu d’un coup d’État.

L’ANC rejette par ailleurs les accusations de détournement de fonds publics, d’enrichissement illicite et de corruption retenues contre M. Damiba, les qualifiant de « prétexte politique commodément cousu de fil blanc ». Le parti dénonce « un procès expéditif », une « décision arbitraire, opaque et unilatérale », prise sans décision judiciaire indépendante ni preuves vérifiables. Même dans l’hypothèse où de tels soupçons existeraient, l’ANC affirme que le Togo disposait d’options légales, notamment « l’expulsion vers un pays tiers sûr ».

Le parti ANC estime que la remise de M. Damiba envoie « un message glaçant : plus aucun réfugié politique n’est en sécurité au Togo ». Elle condamne fermement cette décision, tient les plus hautes autorités togolaises pour responsables de ses conséquences humaines, politiques et juridiques, et appelle les juridictions et mécanismes internationaux ainsi que les organisations de défense des droits humains à se saisir du dossier. 

 

Jeremy Ahossou 


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