La crise s’intensifie à l’Université Cheikh Anta Diop (UCAD) de Dakar, où les tensions entre étudiants et autorités ont franchi un nouveau seuil. Après des affrontements sur le campus ayant coûté la vie à un étudiant, le différend entre le gouvernement et les grévistes prend désormais une dimension judiciaire. Le Collectif des amicales de l’UCAD a annoncé son intention de porter plainte contre le Premier ministre Ousmane Sonko pour diffamation.
En déplacement à l’intérieur du pays, le chef du gouvernement a évoqué l’existence de « manœuvres politiques » derrière le mouvement de grève. Des déclarations vivement contestées par les responsables étudiants, qui y voient une atteinte à leur crédibilité. Le Collectif exige que ces propos soient clarifiés devant les juridictions compétentes, estimant qu’ils jettent le discrédit sur leur mobilisation.
Dans un communiqué, les étudiants ont défendu la légitimité de leur combat, affirmant que « le Collectif est digne et ne peut en aucun cas être manipulé par des politiciens, peu importe leur obédience ». Ils rappellent que leurs revendications portent principalement sur l’amélioration des conditions de vie, notamment le paiement des arriérés de bourses et la suspension des réformes liées à leur attribution.
La situation a basculé lundi lorsque l’intervention des forces de l’ordre pour disperser les manifestants a dégénéré en affrontements, avec usage de gaz lacrymogènes. Un étudiant a perdu la vie, suscitant une vive émotion sur le campus. Tandis que les autorités promettent de faire toute la lumière sur ce drame, le Collectif tient l’État pour responsable et envisage des poursuites devant les juridictions nationales et internationales, dans un climat où le dialogue apparaît plus que jamais indispensable pour éviter une nouvelle escalade.
Jeremy Ahossou