Au Sénégal, la tension monte dans les universités publiques où les étudiants ont entamé, depuis hier mardi 17 février 2026, un mouvement de grève de 72 heures. À l’initiative des amicales de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (Ucad), cette mobilisation vise à dénoncer la détention de plusieurs étudiants, à exiger la lumière sur le décès d’un camarade sur le campus et à réclamer le paiement des arriérés de bourses. Le mouvement intervient dans un climat déjà marqué par des affrontements récents entre étudiants et forces de l’ordre.
Les grévistes réclament en priorité la libération de trois leaders étudiants poursuivis pour divers chefs d’accusation liés aux manifestations. Deux autres étudiants ont également été interpellés ces derniers jours, ce que les amicales qualifient d’arrestations arbitraires. Par ailleurs, les étudiants exigent que toute la vérité soit faite sur la mort d’Abdoulaye Ba, survenue lors d’une intervention des forces de sécurité sur le campus social, un drame qui a profondément choqué la communauté universitaire.
Le mouvement se veut national, avec des appels à la mobilisation dans plusieurs établissements du pays, notamment à Saint-Louis où des actions symboliques ont été annoncées. De son côté, le rectorat de l’Ucad affirme privilégier le dialogue afin de préserver l’année académique, tandis que le procureur de la République doit s’exprimer sur les circonstances du décès controversé.
Jeremy Ahossou