L’actrice sénégalaise Halima Gadji est décédée hier lundi 26 janvier 2026 à Paris, à la suite d’un malaise, à l’âge de 36 ans. La nouvelle de sa disparition a provoqué une vive émotion à travers le Sénégal et bien au-delà, notamment en Côte d’Ivoire, au Mali, au Niger et en France, où de nombreux hommages ont afflué sur les réseaux sociaux et dans les médias.
Révélée au grand public par son rôle marquant de Marème Dial dans la série à succès Maîtresse d’un homme marié, Halima Gadji s’était imposée comme une figure incontournable de la fiction africaine. À travers ce personnage complexe, à la fois transgressif et vulnérable, elle a contribué à alimenter de profonds débats de société sur les relations conjugales, la place de la femme et les normes sociales, faisant de chaque épisode un véritable sujet de discussion.
Au-delà de sa carrière d’actrice, Halima Gadji était devenue la porte-parole d’une génération de femmes. Connue pour son franc-parler, elle dénonçait publiquement le regard différencié porté sur la sexualité féminine et masculine. Elle s’était également engagée dans un combat courageux pour briser le tabou de la santé mentale en Afrique, évoquant sans détour ses propres fragilités et les critiques parfois violentes qu’elle subissait.
Forte d’une filmographie riche de plus d’une dizaine de productions, Halima Gadji avait été récompensée en 2020 par le prix de la meilleure interprétation féminine aux Sotigui Awards. Sa disparition laisse un vide immense dans le paysage culturel africain, mais aussi l’héritage d’une artiste engagée, dont la voix continuera de résonner auprès de celles et ceux qu’elle a inspirés.
Jeremy Ahossou