Depuis le début de la semaine, la ville de Bamako est recouverte d’un épais nuage de poussière, réduisant considérablement la visibilité et dégradant la qualité de l’air. Pour comprendre les causes de ce brusque changement de temps, nous avons interrogé des spécialistes.
Des voitures aux phares allumés en pleine journée, des motocyclistes portant des masques et d’autres avec les barbes rougies par la poussière : telles sont les conséquences de l’épais nuage qui enveloppe Bamako, la capitale malienne, depuis ce matin. Au-delà de la capitale, c’est l’ensemble du pays qui est touché par ce phénomène.
Selon le chef du service Observation et Prévision à Mali Météo, Amadou Diakité, cette situation s’explique par une hausse des champs de pression ayant entraîné un renforcement des vents. « Comme nous sommes en période de saison sèche et que le sol est sec, le renforcement des vents dans les régions du Nord engendre des soulèvements de poussière. C’est cette poussière en suspension qui réduit la visibilité », précise-t-il.
Le phénomène a d’abord affecté les régions du Centre et du Nord avant de progresser vers le Sud du pays, notamment à Bamako et jusqu’à Sikasso.
Loin d’être inhabituel, ce changement brusque de temps est saisonnier et limité dans le temps, selon le spécialiste. « Chaque année, en période de février-mars, on constate souvent une réduction de la visibilité ainsi que des variations de température, parfois accompagnées de pluie. Cette situation devrait se poursuivre jusqu’à mercredi. À partir de jeudi, nous assisterons à la dissipation de la brume de poussière en suspension », prévient Amadou Diakité.
Outre les dangers liés à la réduction de la visibilité, cet épais nuage de poussière présente des risques sanitaires pour les populations. « Cette poussière peut aggraver certaines maladies chroniques telles que l’asthme, la bronchite chronique, la bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO) ainsi que les maladies allergiques respiratoires, notamment la rhinite. Elle peut également affecter les yeux et provoquer des conjonctivites allergiques », explique le Dr Salif Koné, spécialiste des maladies respiratoires à l’hôpital du Point G.
Il recommande des mesures de précaution, en particulier pour les personnes vulnérables : « Les personnes âgées de plus de 65 ans et les jeunes enfants devraient éviter de sortir en période de forte pollution. Si cela n’est pas possible, le port du masque est fortement conseillé. Les conducteurs de motos et de vélos doivent également se protéger avec des masques ou des bavettes afin de réduire leur exposition. Les parents sont invités à bien couvrir leurs enfants avec des vêtements adaptés. Nous conseillons aussi aux fumeurs de réduire considérablement leur consommation, car dans un environnement déjà pollué, le tabagisme augmente le risque de maladies respiratoires chroniques. »
Le Centre de prévention et de calcul de l’Agence nationale de météorologie, qui suit l’évolution de la situation sur l’ensemble du territoire, indique que le nuage de poussière devrait continuer à affecter plusieurs localités jusqu’au jeudi 19 février.
Amadou Traoré