Crime & Justice


Mali - Demande de liberté provisoire de Chahana Takiou: Le délibéré prévu, le 6 juillet prochain

last updated: Tuesday, June 30, 2026 3:08 PM
Source: New Afrique

Le journaliste malien, Chahana Takiou

Détenu, le 8 juin 2026, pour « Atteinte au crédit de l'État », notre confrère, Chahana Takiou, Directeur de publication du Journal 22 Septembre, a comparu, hier lundi 29 juin, devant les juges du Pôle national de lutte contre la cybercriminalité pour l'examen de sa demande de liberté provisoire, motivée par son l’état de santé. A l’issue des débats, suite à l'opposition du Procureur et de l'Agent judiciaire de l'État, le tribunal a mis l'affaire en délibéré pour le 6 juillet prochain.

 

En effet, les espoirs de voir le journaliste bénéficier d'une remise en liberté provisoire se sont quelque peu amenuisés à l'issue des débats ayant opposé ses avocats au ministère public et au représentant du contentieux de l'État. 

À la barre, Chahana Takiou a donné les raisons qui motivent sa demande de mise en liberté provisoire. Avec l'appui de ses conseils, il a notamment invoqué son état de santé. 

« Le journaliste est tenu de se rendre à Rabat, le 10 juillet 2026, pour un contrôle médical périodique, prescrit tous les trois mois à la suite d'une intervention chirurgicale subie avec succès en 2023 à l'hôpital Golden de Bamako », ont plaidé les avocats de Chahana Takiou.

Et de rassurer : « Notre client répondrait présent à son procès, prévu le 29 juillet prochain, s'il bénéficiait d'une liberté provisoire ». 

Malgré ces arguments fondés sur des considérations humanitaires et médicales, le procureur Adama Coulibaly et le représentant de l'Agent judiciaire de l'État ont demandé le rejet de la requête. « Il n'y a pas lieu de lui accorder une liberté provisoire », ont-ils requis. 

Pour rappel, détenu depuis le 8 juin dernier, Chahana Takiou est poursuivi après avoir dénoncé ce qu’il considérait comme « un détournement des dispositions du droit de la presse par les autorités judiciaires ». 

Son placement en détention a suscité de nombreuses réactions dans les milieux médiatiques et de défense de la liberté d’expression.

Son incarcération a suscité de nombreuses réactions au sein des organisations de défense de la liberté de la presse et des milieux médiatiques.

Un autre professionnel des médias, Abdrahamane Keita, directeur de publication du journal « Le Témoin », est aussi en détention depuis le 9 juin. Il lui est reproché des déclarations relatives à la situation sécuritaire et administrative de la région de Kidal. 

Contrairement à leurs confrères dans le dossier Chahana Takiou, les avocats d'Abdrahamane Keita n'ont, pour l'instant, pas introduit de demande de liberté provisoire. 

Face à cette situation, la Maison de la Presse du Mali a engagé des démarches auprès des autorités compétentes. 

Amadou Traoré

 


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