L'Ouganda est confronté à une nouvelle controverse concernant la liberté de la presse après la décision du général Muhoozi Kainerugaba, chef des forces armées et fils du président Yoweri Museveni, de fermer deux des principaux médias du pays. La chaîne de télévision NTV et le quotidien Daily Monitor, appartenant au groupe Nation Media Group, ont été contraints de cesser leurs activités sur instruction du haut gradé.
Dans un message publié sur le réseau social X, Muhoozi Kainerugaba a annoncé la fermeture immédiate des deux organes de presse, affirmant qu'aucune reprise de leurs activités ne serait possible sans son autorisation. Il a même déclaré que ces médias étaient « définitivement fermés », sans fournir davantage de précisions sur les motifs de cette décision.
Le chef militaire a également soutenu qu'il disposait depuis 2017 du pouvoir de fermer n'importe quel média dans le pays. Toutefois, il n'a cité aucune base légale justifiant une telle prérogative, ce qui suscite des interrogations au sein de l'opinion publique et des observateurs des médias.
Cette mesure intervient dans un contexte déjà marqué par des inquiétudes persistantes concernant la liberté d'expression en Ouganda. Plusieurs défenseurs des droits humains craignent que cette fermeture de deux médias majeurs ne renforce les accusations de pressions croissantes exercées contre les médias indépendants du pays.
Jeremy Ahossou