À la veille de la deuxième session du Cadre permanent de concertation (CPC), prévue du 1er au 3 juillet 2026, la Dynamique pour la Majorité du Peuple (DMP) et l'Alliance nationale pour le changement (ANC) ont annoncé qu'elles ne participeront pas aux travaux. Les deux formations politiques estiment que le contexte politique actuel ne permet pas un dialogue crédible et jugent que les véritables priorités du pays sont ailleurs.
Dans leurs déclarations respectives, la DMP et l'ANC s'appuient sur la récente décision de la Cour de justice de la CEDEAO concernant la réforme constitutionnelle de 2024. Elles considèrent que cet arrêt conforte leurs critiques de longue date à l'égard du processus ayant conduit à l'adoption de la Constitution de la Ve République. Pour elles, la crise actuelle dépasse le simple cadre politique et constitue une véritable crise institutionnelle.
Les deux partis estiment que le CPC ne répond plus à sa mission de cadre de dialogue. Ils dénoncent un mécanisme qui, selon eux, ne favorise pas une concertation sincère. « On ne soigne pas une crise institutionnelle avec un ordre du jour administratif. Le Togo ne veut plus d'un simulacre de dialogue. Il veut une transition inclusive et refondatrice », affirme la DMP. De son côté, l'ANC considère que « le gouvernement gagnerait à engager un véritable processus de restauration de la légalité constitutionnelle dans un cadre de dialogue crédible, inclusif et respectueux des décisions de justice communautaires ».
La DMP appelle à l'ouverture d'une transition politique inclusive afin de restaurer la légalité constitutionnelle, de refonder les institutions et de rétablir la confiance entre les acteurs politiques et les citoyens. Elle rappelle également ses revendications antérieures, notamment la libération des prisonniers politiques, l'amélioration du pouvoir d'achat et le traitement de plusieurs dossiers qu'elle juge prioritaires.
La DMP et l'ANC demandent que les conclusions de la Cour de justice de la CEDEAO soient pleinement prises en compte et qu'un dialogue politique de fond soit engagé pour trouver une issue durable à la crise institutionnelle que traverse le pays.
Jeremy Ahossou