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Mali - Près de 160 000 personnes refoulées de Guinée, six décès enregistrés

last updated: Sunday, November 8, 2026 6:08 PM
Source: Nouvelle Afrique

Orpailleurs refoulés de la Guinée

Face à l'afflux massif de ressortissants refoulés de Guinée, le Gouvernement malien a déclenché un vaste dispositif d'urgence pour organiser leur accueil, leur prise en charge et leur retour vers leurs pays respectifs. Selon le bilan communiqué par le CECOGEC, le 7 novembre 2026, près de 160 000 personnes sont concernées à Bamako et à Kouremalé. Six décès ont malheureusement été enregistrés dans cette dernière localité.

La situation prend une ampleur exceptionnelle. À Bamako comme à Kouremalé, l'arrivée massive de personnes refoulées de Guinée met à rude épreuve les capacités d'accueil et d'assistance. Les chiffres communiqués par le Centre de Coordination et de Gestion des Crises (CECOGEC) donnent la mesure de cette crise humanitaire : environ 100 000 personnes sont recensées dans le District de Bamako et près de 60 000 à Kouremalé, à la date du 7 novembre.

Le bilan humain est également préoccupant. Parmi les personnes concernées figurent des blessés, tandis que six décès ont été enregistrés à Kouremalé. Face à ces pertes en vies humaines, le Gouvernement a exprimé ses « condoléances les plus attristées aux familles endeuillées », tout en adressant sa compassion aux personnes affectées et ses vœux de prompt rétablissement aux blessés.

Devant l'ampleur des arrivées, les autorités maliennes ont engagé plusieurs mesures d'urgence à travers le Comité interministériel de gestion des crises et catastrophes. L'objectif est triple : assurer la sécurisation des personnes refoulées, leur apporter une assistance humanitaire et organiser leur retour dans leurs pays d'origine.

Cette réponse mobilise l'ensemble des départements ministériels, appelés à coordonner les opérations sur le terrain. Parmi les mesures engagées figure également l'aménagement et la sécurisation d'un site d'accueil d'urgence à Quinzinbougou. Celui-ci doit permettre de regrouper les personnes concernées et de leur offrir des conditions d'accueil plus appropriées.

Au-delà de l'hébergement, la question du transport constitue l'un des principaux défis de cette opération. Les autorités maliennes et burkinabè ont ainsi conjugué leurs moyens pour accélérer le retour des ressortissants.

Le 5 novembre, le Burkina Faso a mobilisé 47 bus, auxquels le Mali a ajouté deux bus. Cette première opération a permis d'assurer le retour de près de 3 430 personnes.

Le dispositif a ensuite été considérablement renforcé. Dès le 6 novembre, le Mali a déployé 74 camions et 24 bus pour assurer le convoyage d'environ 15 000 personnes vers le Burkina Faso.

Les opérations se sont poursuivies le samedi 7 novembre avec de nouveaux moyens roulants. Le Mali a mobilisé 60 camions et 10 bus, tandis que le Burkina Faso a mis à disposition 48 cars. Une mobilisation logistique importante qui traduit la volonté des deux pays de faire face à l'urgence et de désengorger progressivement les sites d'accueil.

Plus de 400 personnes prises en charge 

L'urgence est également sanitaire. Selon le CECOGEC, 413 personnes refoulées ont bénéficié d'une prise en charge dans les différentes structures de santé du District de Bamako.

Cette assistance médicale intervient dans un contexte particulièrement difficile, marqué par la concentration d'un nombre important de personnes dans plusieurs zones d'accueil et par les besoins croissants en soins.

Parallèlement, un élan de solidarité s'est développé autour des opérations. Jeunes, travailleurs sociaux, opérateurs économiques et personnes de bonne volonté se sont mobilisés pour apporter leur concours aux actions d'assistance. Une contribution citoyenne que le Centre de Coordination et de Gestion des Crises a tenu à saluer.

Si les opérations de retour se poursuivent, les autorités entendent éviter toute désorganisation dans la gestion de cette crise. Le CECOGEC appelle ainsi les autorités régionales à maintenir « un niveau de mobilisation et de vigilance maximal ». Il insiste notamment sur la nécessité d'assurer un encadrement rigoureux des opérations d'accueil, d'identification, d'enregistrement, d'assistance et de retour des personnes refoulées.

Le Centre adresse également ses remerciements aux populations et à l'ensemble des acteurs engagés pour leur « élan de solidarité, de générosité et leur sens de responsabilité ». Toutefois, cette solidarité doit s'inscrire dans un cadre organisé. Le CECOGEC rappelle que les dons et autres formes d'appui doivent impérativement être coordonnés avec les structures techniques compétentes, afin d'en garantir une gestion efficace et une répartition équitable.

Signé par le directeur du Centre, le Colonel sapeur-pompier Issa Raoul Dana Dabo, le communiqué N° 2026-06 du 7 novembre témoigne de l'ampleur du défi humanitaire auquel le Mali est confronté. Entre accueil d'urgence, assistance sanitaire et opérations de rapatriement, la priorité reste désormais de répondre aux besoins immédiats des milliers de personnes concernées, tout en accélérant leur retour dans des conditions sécurisées et dignes.

Cyril DAKPITI


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