Les autorités guinéennes durcissent les mesures contre l’exploitation illégale de l’or dans la région de Siguiri, au Nord-Est du pays. Après l’interdiction formelle de l’orpaillage artisanal dans plusieurs zones sensibles et le déploiement permanent des forces de défense et de sécurité, le Président Mamadi Doumbouya a procédé à la radiation de 22 administrateurs territoriaux, civils et militaires, pour des faits liés à cette activité. Plusieurs milliers d'orpailleurs clandestins ont été expulsés.
Dans un décret rendu public, le mardi 3 novembre 2026, le chef de l’État guinéen a sanctionné ces responsables pour leur implication présumée ou leur responsabilité dans des faits liés à l’orpaillage illégal, à l’exploitation artisanale et semi-artisanale de l’or ainsi qu’à la dégradation de l’environnement.
Les dégâts dénoncés concernent notamment la destruction des terres cultivables, la pollution des ressources en eau et la dégradation de la faune et de la flore.
Par ailleurs, plus de 470 présidents de districts et de quartiers auraient également été démis de leurs fonctions à Siguiri.
Dans un communiqué conjoint de plusieurs départements ministériels, lu à la télévision nationale par le porte-parole de l’armée, le général Mamadou Aliou Sow, le gouvernement justifie ces mesures par les conséquences environnementales de l’exploitation anarchique de l’or. Des missions d’inspection ont notamment relevé une dégradation alarmante des sols, des terres agricoles et du couvert végétal, ainsi que la pollution et l’ensablement du fleuve Niger, du Tinkisso et de leurs affluents.
Désormais, les activités minières sont interdites dans les lits et sur les berges des cours d’eau, les terres agricoles, les pâturages, les aires protégées, les forêts classées ainsi qu’aux abords des agglomérations et des infrastructures publiques. Une force mixte composée de militaires, de gendarmes, de policiers, de douaniers et de conservateurs de la nature est chargée de veiller à l’application de ces mesures.
Les autorités annoncent également un renforcement des contrôles routiers et fluviaux ainsi que de la commercialisation de l’or, qui devra exclusivement passer par des comptoirs agréés.
Cette opération de lutte contre l’orpaillage clandestin entraîne également des conséquences migratoires dans la sous-région. Plusieurs milliers de ressortissants burkinabè, qui travaillaient sur des sites d’exploitation artisanale de l’or en Guinée, font l’objet de mesures d’expulsion.
Face à cette situation, le gouvernement burkinabè annonce des dispositions pour organiser leur retour dans « la dignité et la décence ». Une délégation gouvernementale était attendue au Mali, hier mercredi 4 novembre 2026, afin d’apporter une assistance aux compatriotes en situation de détresse.
Au Mali, le Centre de coordination et de gestion des crises (CECOGEC), à l’issue d’une réunion d’urgence, tenue au ministère de la Sécurité et de la Protection civile, a signalé un important afflux de ressortissants de diverses nationalités à la frontière entre le Mali et la Guinée, en direction du District de Bamako.
Les autorités maliennes indiquent avoir pris les dispositions nécessaires pour assurer l’accueil des personnes concernées dans des conditions appropriées et faciliter leur acheminement vers leurs pays d’origine respectifs.
Amadou Traoré