La Chambre criminelle de la Cour d’appel de Bamako a rendu le jeudi 5 novembre 2026, son verdict dans l’affaire relative à leur gestion du Bureau du Vérificateur général (BVG) entre 2004 et 2010. Ainsi, à l’issue du procès, la Cour a condamné chacun d’eux à 5 ans d’emprisonnement avec sursis et à une amende de 500 000 FCFA. Aussi, Sidi Sosso Diarra est condamné à verser 413 221 936 FCFA à l’État du Mali à titre principal. Quant à son ancien collaborateur, Amadou Diop, il devra payer 19 043 463 FCFA au même titre. Les deux condamnés sont également tenus solidairement de verser 500 millions de FCFA à l’État à titre de dommages et intérêts.
Certes, les deux anciens responsables échappent à la prison ferme, cependant, ils font face à de lourdes sanctions financières dont le montant cumulé approche le milliard de FCFA.
Pour rappel, lors de leur comparution, le vendredi 30 octobre 2026, le ministère public avait requis 20 ans de réclusion contre Sidi Sosso Diarra et 15 ans d’emprisonnement contre Amadou Diop dans ce dossier portant sur des faits présumés d’atteinte aux biens publics. Selon une source judiciaire, l’examen de cette affaire, qui présente le paradoxe d’un vérificateur général soumis, à son tour, à un contrôle, fait suite à la production de deux rapports par la Section des comptes de la Cour suprême.
Ces rapports ont fait état d’un préjudice financier global de plus de 3,5 milliards de FCFA. Les contrôles auraient notamment révélé des irrégularités dans la gestion administrative et financière du BVG, portant sur des dépenses jugées inopportunes, des factures non acquittées, des manquements dans le reversement de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA), ainsi que des frais médicaux jugés non conformes aux règles de la comptabilité publique. L’affaire trouve son origine dans deux rapports de vérification portant respectivement sur les exercices 2004-2006 et 2007-2010. Ceux-ci avaient également relevé des irrégularités présumées dans l’exécution des dépenses publiques, l’attribution d’avantages financiers, la prise en charge d’évacuations sanitaires et la passation de certains marchés publics. Le préjudice financier retenu dans les réclamations de l’État était évalué à 3 milliards 77 millions 668 mille 814 FCFA. Lors de l’audience, la Direction générale du contentieux de l’État (DGCE) avait réclamé le remboursement de cette somme, assorti de 500 millions de FCFA de dommages et intérêts, portant le montant total de ses prétentions à 3 milliards 577 millions 668 mille 814 FCFA.
Amadou Traoré