Le meeting du Cadre national de concertation pour le changement (CNCC) s’est finalement tenu ce dimanche 8 novembre 2026 à Tsévié (35 km de Lomé), malgré les tensions ayant marqué l’arrivée de ses responsables. Deux personnes, Emmanuel Avognon, conseiller municipal, et Nadia Touré, présentée comme une activiste de l’opposition, ont été interpellées en marge de cette mobilisation. Les circonstances exactes de ces arrestations ainsi que les motifs avancés par les forces de l’ordre n’étaient pas encore connus au moment de la rédaction.
La délégation du CNCC, conduite notamment par Jean-Pierre Fabre, Me Dodji Apévon, Aimé Gogué, Komi Wolou et David Dosseh, avait auparavant été bloquée par des barrages de gendarmerie aux environs du péage de Davié. Après plusieurs difficultés, les responsables ont finalement pu poursuivre leur route et rejoindre les militants et sympathisants réunis sur la place publique d’Atikoumé. À la suite des interpellations, des militants se sont rendus à la brigade de gendarmerie de Tsévié pour réclamer la libération des deux personnes arrêtées.
Cette mobilisation intervient après le report d’un premier meeting prévu le 25 octobre 2026, en raison de l’indisponibilité de la place publique d’Atikoumé, selon le maire de la commune de Zio 1. Pour cette nouvelle date, les organisateurs avaient obtenu l’accord de la municipalité pour l’utilisation du site ainsi que l’acceptation de leur déclaration d’organisation par le ministère de l’Administration territoriale.
À travers ce meeting placé sous le slogan « Non au coup d’État permanent, oui à la restauration de la Constitution de 1992 », le CNCC entendait dénoncer la réforme constitutionnelle de 2024, qui a fait passer le Togo d’un régime présidentiel à un régime parlementaire. Le regroupement, qui rassemble notamment l’ANC, les FDR et le PSR, conteste les conditions d’adoption de cette réforme et réclame un retour à la Constitution de 1992.
Les interpellations et les entraves signalées au cours de cette mobilisation viennent ainsi raviver les tensions entre les acteurs de l’opposition et les autorités.
Jeremy Ahossou