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Togo - Tournée parlementaire avortée : la DMP dénonce l’expulsion de Brigitte Adjamagbo-Johnson

last updated: Thursday, March 26, 2026 11:58 AM
Source: NEW AFRIQUE

Brigitte Adjamagbo Johnson

La Dynamique pour la majorité du peuple (DMP) a dénoncé, mercredi 25 mars 2026 à Lomé, ce qu’elle présente comme une grave entrave à la mission parlementaire de la députée Brigitte Adjamagbo-Johnson. Face à la presse, les responsables du regroupement ont raconté la mésaventure vécue par leur élue lors d’une tournée prévue dans les régions des Savanes et de la Kara. Selon eux, cette mission devait permettre à la députée de rencontrer les populations, de visiter plusieurs infrastructures publiques et de rendre compte de son action.


Dans leur déclaration, les responsables de la DMP ont d’abord salué “le courage exceptionnel” de leurs militants mobilisés à Dapaong et à Kara pour préparer cette visite. Ils ont expliqué que “des salles avaient été louées, des invitations lancées et des dispositions prises” malgré “les risques immenses” signalés sur le terrain. Le parti a aussi présenté ses excuses aux populations qui attendaient ces rencontres, affirmant que “le courage ne doit jamais se confondre avec la témérité”, surtout lorsqu’il s’agit de “préserver des vies humaines”.


La DMP affirme ensuite que tout avait été officiellement préparé avant le départ de la députée. Dans sa version des faits, “des courriers avaient été adressés aux ministres concernés” pour annoncer la tournée et demander les dispositions sécuritaires nécessaires. Mais à son arrivée à Dapaong, la délégation aurait été confrontée à un refus des autorités locales. Le préfet aurait expliqué que la tenue des activités devait être soumise à une autorisation préalable, une position que la députée a rejetée en rappelant, selon la déclaration, qu’“un élu de la Nation n’a pas à solliciter l’autorisation du gouvernement” pour exercer sa mission de contrôle.


Le récit livré par la DMP insiste surtout sur le caractère spectaculaire de l’intervention sécuritaire. Le parti affirme que la députée et son équipe ont été “escortées sous haute surveillance” hors de la région des Savanes, avec la présence de policiers, gendarmes, militaires et même “un hélicoptère” dans la zone de leur hébergement. Pour Kara, la DMP dit avoir reçu des signaux jugés inquiétants, notamment “des appels anonymes” et l’absence de garanties claires sur leur sécurité. Dans ces conditions, la délégation dit avoir choisi de ne pas poursuivre la mission afin d’éviter “une probable journée noire”.


Au-delà de l’incident, cette sortie médiatique de la DMP vise à poser une question politique plus large : pourquoi une députée en tournée parlementaire a-t-elle été empêchée d’accéder à certaines localités et à plusieurs sites publics ? Le parti estime que cette affaire illustre un verrouillage de la partie nord du pays et s’interroge sur ce que le pouvoir chercherait à cacher dans les régions des Savanes et de la Kara. 

En attendant une réaction officielle plus détaillée des autorités, cette mésaventure de Brigitte Adjamagbo-Johnson relance le débat sur la liberté d’action des élus de l’opposition au Togo.

 

Jeremy Ahossou 


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