Après plusieurs années d’arrêt, le projet d’extension du chemin de fer reliant le Kenya à l’Ouganda reprend progressivement. Les présidents William Ruto et Yoweri Museveni ont récemment affiché leur volonté commune de relancer ce chantier stratégique, censé connecter à terme Mombasa à Malaba. Longtemps suspendu en raison de difficultés financières et de critiques liées à l’endettement, ce projet relance les relations d’infrastructure entre l’Afrique de l’Est et la Chine.
La reprise des travaux s’inscrit toutefois dans une nouvelle dynamique. Selon les informations, les entreprises chinoises restent impliquées dans la construction. Pékin n’assume plus le rôle principal de financeur. Le Kenya cherche désormais à mobiliser ses propres ressources, notamment à travers des taxes sur les importations, afin de financer une partie importante du projet et réduire sa dépendance extérieure.
Face aux critiques et aux risques financiers, la Chine privilégie désormais un rôle de partenaire technique plutôt que de bailleur dominant. De son côté, Nairobi tente de poursuivre ses ambitions d’infrastructures tout en composant avec une situation budgétaire sous pression, dans un contexte de surveillance accrue des institutions financières internationales.
Jeremy Ahossou