Au Togo, la situation politique s’est brusquement tendue dans la région des Savanes (au nord du pays) après l’interruption de la visite de Brigitte Adjamagbo-Johnson. En déplacement à Dapaong dans le cadre d’une tournée auprès des populations, la députée a été contrainte de quitter la zone sous l’escorte des forces de sécurité. Cet épisode inattendu relance les interrogations sur l’exercice des libertés politiques au Togo et sur les conditions de travail des élus.
D’après nos informations, l’élue aurait été encadrée par des agents de la police et de la gendarmerie, qui l’ont accompagnée pour récupérer ses effets personnels avant de lui demander de regagner Lomé. Cette intervention serait intervenue alors que la parlementaire menait des échanges avec les habitants, dans le but d’évaluer certains projets publics inachevés et d’exercer sa mission de contrôle de l’action gouvernementale.
L’incident a rapidement suscité des réactions au sein de la classe politique. Aimé Gogué, président du parti ADDI, a vivement dénoncé cette décision, estimant qu’elle ne repose sur aucune base légale. Il a rappelé qu’un député, dans le cadre de ses fonctions, n’a pas à solliciter d’autorisation pour se rendre auprès des citoyens, qualifiant la situation d’atteinte aux principes démocratiques.
Au-delà des réactions immédiates, cet événement ravive le débat sur le rôle réel des institutions et la liberté d’action des représentants élus.
Jeremy Ahossou