Une attaque de drone survenue dans la soirée du 18 mars dans la ville de Tiné, à l’est du Tchad, a fait au moins 17 morts et plusieurs dizaines de blessés graves. Selon des sources sécuritaires, l’engin aurait été lancé depuis le Soudan voisin, en pleine zone frontalière instable. Les autorités tchadiennes pointent du doigt les paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR), engagés dans un conflit armé avec l’armée soudanaise depuis 2023, bien que ces derniers rejettent toute implication.
Cet incident s’inscrit dans un contexte de tensions croissantes entre les deux pays. Depuis plusieurs mois, la frontière est le théâtre d’incursions répétées de groupes armés, poussant N’Djamena à renforcer ses mesures sécuritaires, allant jusqu’à fermer la frontière fin février. La région de Tiné avait déjà été touchée par des violences similaires, avec des pertes humaines enregistrées ces derniers mois en lien avec les affrontements au Darfour, région soudanaise voisine largement sous influence des FSR.
Face à cette nouvelle attaque, le président Mahamat Idriss Déby a réuni en urgence un conseil de défense et ordonné à l’armée de « riposter à toute attaque provenant du Soudan ». Cette escalade illustre la fragilité d’une frontière longue et difficile à contrôler, alors que la guerre au Soudan continue de provoquer un afflux massif de réfugiés vers le Tchad, aggravant une situation sécuritaire déjà préoccupante.
Jeremy Ahossou