Une vive tension diplomatique oppose désormais le Ghana et l’Afrique du Sud à la suite du décès controversé d’un ressortissant ghanéen dans un contexte marqué par une montée des manifestations contre les migrants en situation irrégulière. Les autorités ghanéennes affirment que leur compatriote, Bashiru Isak, âgé de 40 ans, a perdu la vie lors d’attaques liées à des mouvements anti-immigrés dans la région du Cap. Accra a officiellement demandé des explications à Pretoria sur les circonstances de ce drame.
Le gouvernement sud-africain rejette toutefois cette version des faits. Dans une réaction officielle, Pretoria estime que les accusations formulées par le Ghana ne reposent sur aucun élément établi. Les autorités sud-africaines soutiennent qu’aucun décès n’a été enregistré lors des manifestations concernées et contestent tout lien entre ces rassemblements et la mort évoquée par le Ghana.
Selon les résultats préliminaires de l’enquête policière, le meurtre serait plutôt lié à une affaire d’extorsion. Les forces de l’ordre indiquent qu’un ressortissant ghanéen de 35 ans a été abattu dans un salon de coiffure, tout en précisant que l’identité, la date et le lieu du décès ne correspondent pas aux informations communiquées par les autorités ghanéennes. Cette contradiction a contribué à accentuer le différend entre les deux pays.
Cette affaire intervient dans un climat de fortes tensions autour de l’immigration en Afrique du Sud. Ces dernières semaines, des milliers de personnes ont manifesté pour réclamer le départ des migrants en situation irrégulière. Selon les autorités sécuritaires, plus de 25 000 personnes auraient déjà quitté le pays, dont de nombreux ressortissants africains.
Jeremy Ahossou.