La Banque mondiale invite le Zimbabwe à faire preuve de prudence dans son projet de faire du Zimbabwe Gold (ZiG) la seule monnaie nationale d’ici 2030. Dans un rapport publié le 4 septembre, l’institution estime qu’une transition précipitée pourrait fragiliser les efforts de stabilisation économique réalisés ces dernières années. Elle rappelle notamment l’échec de la réintroduction du dollar zimbabwéen en 2019, qui avait ravivé les tensions monétaires et la méfiance de la population.
Cette prudence s’explique par la forte dépendance du pays au dollar américain. En décembre 2024, les devises étrangères représentaient plus de 83 % de la masse monétaire du Zimbabwe. Selon la Banque mondiale, les autorités doivent d’abord renforcer durablement la confiance dans le ZiG, notamment en garantissant une politique monétaire crédible et une gestion budgétaire rigoureuse. Une dédollarisation imposée trop tôt pourrait provoquer une fuite des capitaux, favoriser le marché parallèle et compromettre les progrès économiques enregistrés.
L’institution recommande également au gouvernement de renforcer ses réserves financières afin de mieux faire face aux éventuels chocs extérieurs et de poursuivre les efforts pour régler les arriérés de dette. Le Zimbabwe cherche actuellement à restructurer une dette extérieure estimée à 21,3 milliards de dollars, avec l’appui d’un groupe consultatif coprésidé par la France et le Royaume-Uni. La Banque mondiale estime ainsi que la réussite du ZiG dépendra avant tout de la stabilité économique et de la confiance des ménages et des entreprises.
Jeremy Ahossou