Des centaines de Togolais ont pris part, ce samedi 9 mai 2026 sur le terrain des Cheminots à Akassimé, à Lomé, au premier meeting populaire du Cadre national de concertation pour le changement au Togo (CNCC). Cette plateforme regroupant partis politiques et organisations de la société civile a organisé l’une des rares manifestations publiques autorisées depuis l’instauration de la Ve République. La sécurité de l’événement était assurée par les forces de l’ordre, tandis que plusieurs figures politiques et acteurs de la société civile ont effectué le déplacement.
Sous la tribune officielle, plusieurs responsables de l’opposition ont pris la parole devant une foule composée en grande partie de jeunes et de femmes. La présence de Jean-Pierre Fabre de l’ANC, de Paul Dodji Apévon des FDR, de Benjamin Amouzouvi de l’ADDI, du professeur Komi Wolou du PSR ou encore de Me Isabelle Ameganvi et Éric Dupuy a été remarquée. L’arrivée de Me Zeus Ajavon, ancien leader du Collectif Sauvons le Togo, a également suscité de vifs applaudissements parmi les militants présents.
Les interventions ont principalement porté sur la situation sociopolitique du pays et les revendications du CNCC. Regroupant leurs déclarations, les responsables de la plateforme ont affirmé que « le Togo traverse une crise marquée par la corruption, les difficultés sociales et une gouvernance contestée ». Pour eux « la Ve République favoriserait une concentration du pouvoir et la continuité d’un même système politique ». Ils ont aussi évoqué plusieurs sujets d’actualité, notamment l’arrestation de l’activiste Affectio, les nominations de militaires préfets, la gestion des finances publiques ou encore certaines déclarations officielles sur la Constitution.
Les organisateurs se sont par ailleurs félicités de la mobilisation observée lors de cette première sortie publique. Regroupant leurs propos, ils ont déclaré que « l’affluence enregistrée dépasse les attentes initiales » et que « cette participation démontre que de nombreux Togolais restent mobilisés autour des questions démocratiques et des libertés publiques ». Plusieurs responsables ont salué l’engagement des militants venus assister à cette rencontre malgré la chaleur et les contraintes d’organisation.
Les appels à l’unité de l’opposition ont également occupé une place importante dans les différentes interventions. Regroupant leurs déclarations, les leaders du CNCC ont estimé que « les divisions et attaques entre opposants affaiblissent la lutte politique » avant d’ajouter que « le changement doit être porté collectivement par tous les Togolais, aussi bien au pays qu’au sein de la diaspora ». Ils ont aussi exhorté les jeunes à s’impliquer davantage dans les actions citoyennes et politiques.
Au terme du meeting, les responsables du regroupement ont invité les participants à maintenir la mobilisation dans les prochains mois. Jean-Pierre Fabre a notamment appelé les militants à répondre encore plus massivement aux futurs rassemblements, tandis que Paul Dodji Apévon a plaidé pour une opposition plus soudée.
Jeremy Ahossou