L’activiste togolais Sokpor Kossi Sitsopé Honoré, connu sous le surnom « Affectio », a été placé en détention à la prison civile de Lomé le lundi 4 mai 2026. Cette décision intervient après près de deux semaines passées en garde à vue à la brigade de gendarmerie d’Agoè-Nyivé, suivies de sa présentation devant le parquet.
À l’origine de cette affaire, son interpellation le 24 avril 2026 par l’unité Anti-gang. Il lui est reproché d’avoir filmé et diffusé des images de caniveaux récemment construits près du domicile familial. Les autorités évoquent des accusations liées à une « atteinte à la sûreté de l’État » ainsi qu’à la diffusion de contenus portant sur des infrastructures publiques.
Cette nouvelle incarcération a rapidement provoqué des réactions au sein de la classe politique et de la société civile. L’Alliance Nationale pour le Changement (ANC) dénonce une procédure « arbitraire » et réclame sa libération immédiate. De son côté, le Cadre National de Concertation pour le Changement au Togo (CNCC) a également critiqué une détention jugée « illégale », appelant au respect des droits de l’activiste.
Selon ses soutiens, les images réalisées par « Affectio » visaient avant tout à attirer l’attention sur l’importance des ouvrages d’assainissement dans la lutte contre les inondations à Lomé. Déjà incarcéré durant une grande partie de l’année 2025 pour la diffusion d’un poème critique, il reste perçu différemment selon les camps : récidiviste pour les autorités, engagé pour ses partisans.
Jeremy Ahossou