Au Ghana, une nouvelle réforme destinée à protéger les plantations de cacao suscite des inquiétudes chez les producteurs. Adopté fin juillet 2026 par le Parlement, le Ghana Cocoa Board Bill accorde aux cacaoyères un statut protégé et soumet leur conversion à d’autres activités à l’autorisation du Ghana Cocoa Board (COCOBOD).
Les organisations de producteurs craignent toutefois que cette mesure limite leur capacité à gérer des exploitations devenues peu rentables ou improductives. La Ghana Cooperative Cocoa Farmers and Marketing Association (GCCFA) soutient la protection des terres cacaoyères, mais demande au président John Dramani Mahama de revoir certaines dispositions avant la promulgation de la loi.
Au cœur du débat figure la question de la rentabilité. Selon les producteurs, certaines plantations malades ou vieillissantes peuvent nécessiter un changement de culture. Ils souhaitent donc que la loi fasse clairement la différence entre la conversion des terres pour des activités comme l’exploitation minière et les décisions prises pour préserver la viabilité économique d’une exploitation.
Le président Mahama n’a pas encore promulgué le texte et aucune date n’a été annoncée. Le gouvernement devra ainsi trouver un équilibre entre la préservation des terres destinées au cacao, une filière qui représente près de 15 % des recettes d’exportation du Ghana, et la liberté des agriculteurs de gérer des plantations qui ne sont plus économiquement viables.
Jeremy Ahossou