Le Tchad bénéficie d’un nouveau soutien financier de la Banque africaine d’Import-Export (Afreximbank). L’institution panafricaine a accordé au pays une facilité d’environ 127 millions de dollars, soit l’équivalent de 110 millions d’euros en monnaie locale. Ce financement, le plus important jamais accordé au Tchad par Afreximbank, vise notamment à soutenir des projets d’infrastructures et à améliorer les conditions des échanges commerciaux.
Les fonds seront orientés vers plusieurs projets inscrits dans le budget national, avec un accent particulier sur les infrastructures favorisant le commerce. Selon le ministre tchadien des Finances, Tahir Hamid Nguilin, cette enveloppe doit contribuer à la réalisation de projets essentiels pour renforcer les capacités commerciales du pays. L’opération découle du protocole d’accord conclu en juin 2025 entre N’Djamena et Afreximbank, qui prévoit également une coopération dans l’agriculture, l’agropastoralisme, les exportations, le commerce de l’or et des produits pétroliers raffinés.
Ce financement intervient dans un contexte où le Tchad cherche à réduire progressivement sa dépendance aux revenus du pétrole. Pays enclavé, N’Djamena mise davantage sur le développement des échanges avec ses voisins, notamment le Cameroun, le Nigeria et la Libye. En 2025, le commerce intra-africain du Tchad avec ces partenaires a représenté environ 312,5 milliards de FCFA, soit près de 550 millions de dollars. La suppression des visas pour les ressortissants africains, annoncée en juillet dernier, pourrait également faciliter la circulation et les échanges régionaux.
Cette dynamique s’inscrit dans le plan « Tchad Connexion 2030 », qui ambitionne de mobiliser jusqu’à 30 milliards de dollars pour accélérer la transformation économique du pays dans des secteurs comme l’agriculture, le numérique et l’industrie. Les autorités visent notamment une croissance réelle de 10 % à l’horizon 2030 et une réduction de la pauvreté. À court terme, la Banque mondiale table toutefois sur une progression plus modérée du PIB, estimée à 5,2 % en 2026.
Jeremy Ahossou