Economy


Kenya - Aliko Dangote réduit le coût de sa raffinerie et vise octobre pour le début des travaux

last updated: Wednesday, August 12, 2026 2:28 PM
Source: AgenceEcofin

Aliko Dangoté

L’Afrique de l’Est reste fortement dépendante des importations de produits pétroliers raffinés, alors que la demande énergétique progresse. Dans ce contexte, le développement de capacités régionales de transformation devient un enjeu de sécurité d’approvisionnement et d’intégration économique.

Aliko Dangote prévoit de lancer en octobre 2026 les travaux de sa future raffinerie de Lamu, au Kenya. Le coût prévisionnel du projet a parallèlement été ramené d'environ 17 à 16 milliards USD. Avec une capacité de 700 000 barils de pétrole brut par jour, l’installation doit approvisionner le Kenya et plusieurs marchés d’Afrique de l’Est. « D’ici octobre de cette année, nous poserons la première pierre et lancerons officiellement le chantier », a déclaré le milliardaire nigérian dans une interview accordée la semaine dernière à la BBC. Le chantier devrait durer moins de quatre ans. À terme, la raffinerie deviendrait la plus importante d’Afrique de l’Est et la deuxième du continent après celle de Lagos, qui doit passer de 650 000 à 1,4 million de barils par jour d’ici trois ans.

Lamu pour desservir l’Afrique de l’Est 

Le choix de Lamu repose notamment sur sa position logistique. Son port en eaux profondes est relié au corridor LAPSSET, qui doit connecter la côte kényane au Soudan du Sud et à l’Éthiopie. Cette configuration donne au projet une portée qui dépasse le marché kényan. Dangote prévoit de fournir des produits raffinés au Kenya ainsi qu’à l’Ouganda, à la Tanzanie et au Soudan du Sud. La raffinerie doit ainsi contribuer à réduire la dépendance de ces marchés aux approvisionnements extérieurs.

Pour Nairobi, le projet intervient alors que le pays ne dispose plus de capacité de raffinage de brut depuis l’arrêt de l’installation de Mombasa. Il cherche parallèlement à développer sa production pétrolière dans le bassin de Turkana.

L’investissement doit également avoir un effet sur l’emploi. Le gouvernement kényan estime que le projet pourrait générer environ 60 000 emplois directs et indirects dans la construction, l’ingénierie, la logistique et les activités associées.

Le retour d’expérience de Lagos 

La réduction de l’enveloppe constitue l’autre évolution majeure. Dangote l’explique par les enseignements tirés de la construction de la raffinerie de Lagos, un calendrier d’exécution plus rapide et des coûts de financement plus faibles. Le projet doit être financé à 30 % par des fonds propres et à 70 % par de la dette. La capacité à réunir cette dernière constituera donc un élément déterminant avant le lancement effectif du chantier.

Les préparatifs ont déjà commencé. Les études de sol ainsi que les travaux de conception et d’ingénierie sont en cours. Le gouvernement kényan a également constitué un comité dédié et prévu un financement d’amorçage dans le cadre de son dispositif national d’infrastructures.

Plusieurs étapes restent néanmoins à franchir avant le début des travaux, notamment sur les volets technique, environnemental et financier. Le projet s’inscrit par ailleurs dans une zone où le développement du corridor LAPSSET a déjà suscité des difficultés. En 2018, la justice kényane avait notamment relevé des insuffisances dans la consultation des populations concernées.

L’annonce d’octobre constitue donc le prochain rendez‑vous concret du projet. Si le calendrier est tenu, Lamu pourrait à terme modifier les circuits d’approvisionnement en produits raffinés en Afrique australe et donner à Dangote une deuxième grande plateforme de raffinage sur le continent, après Lagos.

Source : AgeneEcofin


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