La Haute Cour constitutionnelle de Madagascar a autorisé, le 28 octobre 2026, le Pôle anti-corruption (PAC) à poursuivre l’ancien président Andry Rajoelina pour des faits présumés de corruption et d’infractions financières.
Cette décision concerne également son ancien Premier ministre Christian Ntsay et plusieurs anciens membres du gouvernement. Elle ouvre la voie à d’éventuelles procédures judiciaires contre ces ex-dirigeants.
Jusqu’ici, la Constitution malgache prévoyait que les anciens chefs de l’État soient jugés par la Haute Cour de Justice pour certains actes commis dans l’exercice de leurs fonctions. Toutefois, la Haute Cour constitutionnelle estime que les faits de corruption visant des intérêts personnels ne relèvent pas de cette catégorie. Cette interprétation permet au PAC, une juridiction spécialisée de droit commun, d’engager des poursuites.
Andry Rajoelina et Christian Ntsay sont notamment soupçonnés d’irrégularités dans l’attribution d’un marché public portant sur des tables-bancs scolaires. Les enquêteurs s’intéressent également à la gestion du Fonds souverain malagasy, destiné au financement de projets stratégiques de développement.
Par ailleurs, une affaire concernant la disparition de 36 kilos de lingots d’or au ministère des Mines est également examinée, sans que l’ancien président y soit cité.
La décision concerne aussi plusieurs anciens responsables, dont les ex-ministres Marie-Michelle Sahondrarimalala, Rindra Rabarinirinarison et Fidiniavo Ravokatra, ainsi que l’ancien secrétaire général du ministère des Mines, Herilaza Imbiki. Tous sont concernés par des soupçons de corruption ou d’infractions assimilées.
Jeremy Ahossou