Le troisième sommet Russie-Afrique s’est ouvert le 28 octobre 2026 à Moscou, en présence de dirigeants africains attendus autour du président russe Vladimir Poutine. Organisée après les rencontres de Sotchi en 2019 et de Saint-Pétersbourg en 2023, cette réunion de deux jours vise à renforcer les relations entre la Russie et les pays africains dans les domaines militaire, économique et culturel.
La coopération sécuritaire occupe une place centrale dans les relations entre Moscou et le continent. La Russie fournit notamment des équipements militaires à plusieurs armées africaines, dont certaines utilisent encore du matériel d’origine soviétique. Elle intervient également dans la formation et les opérations de protection, à travers des structures comme l’Africa Corps, déployées dans certains pays pour sécuriser des dirigeants et des infrastructures stratégiques.
Sur le plan diplomatique, Moscou entend consolider son influence en Afrique en mettant en avant le respect de la souveraineté des États et la dénonciation du néocolonialisme occidental. Toutefois, les échanges économiques entre les deux parties restent relativement limités par rapport à l’importance accordée aux questions militaires et sécuritaires.
Un dossier sensible pourrait également peser sur les discussions : le recrutement de ressortissants africains dans l’armée russe pour combattre en Ukraine. Selon des estimations de l’Institut français des relations internationales (Ifri), entre 3 000 et 4 000 Africains auraient rejoint les forces russes. Certains auraient été attirés par de fausses promesses d’emploi ou enrôlés sous la contrainte.
Plusieurs pays africains ont déjà entrepris des démarches auprès de Moscou pour obtenir des informations sur leurs ressortissants et faciliter leur rapatriement.
Jeremy Ahossou