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Africa - Stratégie « Togo–Sahel » : Abdoulaye Diop salue une approche fondée sur le dialogue et l’autonomie régionale

last updated: Saturday, April 18, 2026 3:34 PM
Source: NEWAFRIQUE

Abdoulaye Diop

Le Togo a abrité ce samedi 18 avril 2026 une rencontre de haut niveau consacrée à une nouvelle stratégie pour le Sahel, réunissant des représentants de la Cédéao, des pays de l’Alliance des États du Sahel (AES), de l’ONU, ainsi que plusieurs partenaires africains et européens. Cette initiative diplomatique vise à renforcer la coopération régionale face aux défis sécuritaires persistants, dans un contexte marqué par des recompositions politiques et institutionnelles en Afrique de l’Ouest.


Au cœur de cette rencontre, Lomé s’affirme une fois de plus comme un acteur de médiation entre la Cédéao et les pays de l’AES, notamment le Mali, le Niger et le Burkina Faso. Pendant près de trois heures, les participants ont échangé sur les voies de collaboration possibles, alors que la menace terroriste continue de s’étendre vers les pays du Golfe de Guinée, rendant urgente une réponse collective.


À l’issue des travaux, le ministre malien des Affaires étrangères, Abdoulaye Diop, a accordé une interview dans laquelle il a largement commenté la portée de cette initiative togolaise. Il a d’emblée relativisé son caractère novateur, affirmant que « cette stratégie dite “Togo–Sahel” n’est pas fondamentalement nouvelle », mais qu’elle « formalise aujourd’hui une approche déjà pratiquée, fondée sur le respect, la solidarité et le refus de toute attitude paternaliste ».


Insistant sur la nécessité du dialogue, le chef de la diplomatie malienne a rappelé que « les défis de l’Afrique de l’Ouest ne peuvent être résolus que collectivement », soulignant que « le Sahel n’est pas isolé » et que « le destin des peuples de la région est lié ». Selon lui, l’initiative togolaise crée « un cadre de concertation essentiel pour traiter ensemble les questions de sécurité et de développement », dans un esprit d’unité régionale.


Abdoulaye Diop a également mis en avant le principe d’autonomie stratégique, déclarant que « nous ne sommes pas dans une logique d’assistanat » et que « les solutions doivent d’abord venir de nous-mêmes, qu’elles soient culturelles, intellectuelles ou militaires ». Il a salué une approche qui « privilégie la coopération plutôt que l’aide descendante », estimant qu’elle permettra de « renforcer l’indépendance économique et réduire la dépendance extérieure ».
 

Pour finir, le ministre malien a exprimé son espoir de voir cette dynamique inspirer d’autres initiatives, regrettant que « trop souvent, des stratégies soient conçues loin des réalités locales ». Il a conclu en saluant « le leadership des autorités togolaises et la solidarité du peuple togolais », tout en mettant en avant « un espace de dialogue inclusif où chaque voix peut s’exprimer dans le respect ». 

Cette nouvelle stratégie vient ainsi remplacer celle de 2021, dans un contexte régional profondément transformé par la montée de l’insécurité et la création de l’AES.

Jeremy Ahossou 


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