Defense & Security


Africa - Forum de Dakar sur la paix et la sécurité : Abdoulaye Diop plaide pour une souveraineté africaine solidaire

last updated: Wednesday, April 22, 2026 7:35 PM
Source: Nouvelle Afrique

Abdoulaye Diop, ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale ( à gauche) au Forum international de Dakar sur la paix et la sécurité en Afrique

À l’occasion du Forum international de Dakar sur la paix et la sécurité en Afrique, le ministre malien des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Abdoulaye Diop, a coanimé, lundi 20 avril 2026, la première plénière consacrée au thème : « Souveraineté et enjeux contemporains : l’Afrique entre périls et opportunités ».

Dans son propos introductif, le chef de la diplomatie malienne a mis en lumière la centralité de la souveraineté dans un contexte international marqué par de profondes mutations. Selon lui, « toutes les nations, qu’elles soient puissances établies ou pays en situation de vulnérabilité, accordent aujourd’hui une importance accrue à la préservation de leur souveraineté ».

Il a ainsi insisté sur le fait que les bouleversements géopolitiques actuels redéfinissent les rapports de force et imposent aux États africains une relecture stratégique de leur positionnement sur la scène internationale.

Poursuivant son analyse, Abdoulaye Diop a tenu à lever toute ambiguïté sur la notion de souveraineté nationale. « L’exercice de la souveraineté nationale ne s’oppose nullement à une souveraineté collective », a-t-il déclaré, prenant pour exemple la Confédération des États du Sahel.

 

Dans cette dynamique, il a expliqué que cette confédération inscrit l’action de ses États membres dans une logique d’intégration renforcée, articulée autour de trois piliers majeurs : la Défense, la Diplomatie et le Développement.

Abordant la question sécuritaire, le ministre malien a mis en avant le principe de « sécurité indivisible », appelant à une solidarité accrue entre les pays africains. « Il ne peut y avoir de souveraineté véritable sans une solidarité sincère et effective entre les États du continent », a-t-il affirmé.

Dans le même élan, il a relativisé le concept souvent évoqué de « solutions africaines aux problèmes africains », pointant ses limites face aux ingérences extérieures persistantes.

Enfin, Abdoulaye Diop a alerté sur l’évolution du terrorisme, désormais multiforme. Il a décrit un phénomène qui dépasse le cadre strictement sécuritaire pour englober des dimensions politiques, géopolitiques et médiatiques.

« La guerre informationnelle et cognitive constitue aujourd’hui une véritable arme de destruction massive », a-t-il martelé, avant de condamner fermement « l’intervention indirecte de sponsors étatiques étrangers » dans le financement et le soutien aux groupes terroristes.

Cette prise de position intervient dans un contexte où les États africains cherchent à renforcer leur résilience face à des menaces de plus en plus complexes, tout en affirmant leur autonomie stratégique sur la scène internationale.

Cyril DAKPITI


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