Les Béninois sont appelés aux urnes ce dimanche 11 janvier 2026 pour un double scrutin législatif et communal, marquant le coup d’envoi d’une année électorale particulièrement chargée. Les électeurs doivent désigner 109 députés à l’Assemblée nationale ainsi que plus de 1 800 conseillers communaux, désormais élus pour un mandat de sept ans, à la suite de la révision constitutionnelle adoptée en novembre dernier. Cinq partis sont en lice pour les législatives, tandis que trois seulement participent aux communales.
Ce scrutin s’inscrit dans un calendrier électoral aligné, qui se poursuivra avec l’élection présidentielle prévue le 12 avril prochain. À l’Assemblée sortante, la mouvance présidentielle domine largement avec 81 sièges sur 109, face aux 28 détenus par Les Démocrates, principal parti d’opposition. Ce dernier ne participe toutefois qu’aux législatives, son dossier ayant été rejeté pour la présidentielle et les élections locales. Les Forces cauris pour un Bénin émergent (FCBE), considérées comme une opposition modérée, prennent quant à elles part à l’ensemble des scrutins.
L’enjeu est d’autant plus crucial que le code électoral révisé en 2024 impose des règles plus strictes, notamment l’obligation d’obtenir au moins 20 % des voix dans chaque circonscription pour accéder à la répartition des sièges, seuil abaissé à 10 % pour les partis en coalition. Au-delà des résultats, les observateurs scruteront le taux de participation afin d’évaluer l’impact des réformes politiques sur la mobilisation citoyenne, dans un pays encore marqué par le souvenir des législatives de 2019, organisées sans l’opposition et ayant conduit à un Parlement dominé par un seul camp politique.
Jeremy Ahossou