Le Ghana poursuit ses efforts pour renforcer son autonomie dans le secteur agricole. L'entreprise Omanbapa AgriTech a conclu un protocole d'accord avec le ministère de l'Alimentation et de l'Agriculture en vue de construire une usine de production d'engrais organiques. Estimé à 10 millions de dollars, le projet sera implanté dans l'une des régions d'Ashanti ou d'Ahafo.
Dans un premier temps, l'investissement portera sur une unité de mélange avant l'installation d'une usine complète destinée à produire localement des engrais organiques. L'objectif est d'approvisionner le marché ghanéen, puis d'étendre les exportations vers les pays de la sous-région. La capacité de production devrait atteindre entre 20 000 et 30 000 tonnes par an, avant d'être portée à 60 000 tonnes.
Cette initiative intervient dans un contexte marqué par la hausse des prix mondiaux des engrais chimiques, alimentée par les tensions géopolitiques et les perturbations du commerce maritime. Selon les prévisions de la Banque mondiale, les prix des fertilisants devraient encore augmenter en 2026, rendant les solutions locales plus attractives pour les producteurs agricoles.
Au-delà de la réduction de la dépendance aux importations, le projet ambitionne de valoriser les résidus agricoles, tels que les déchets de maïs et d'autres cultures, afin de produire des biofertilisants. Pour le Ghana, où la consommation annuelle d'engrais chimiques dépasse 400 000 tonnes, cette initiative pourrait contribuer au développement d'une filière locale plus durable et renforcer la résilience du secteur agricole.
Jeremy Ahossou