À l'occasion de la 52e Journée panafricaine des femmes, célébrée ce 31 juillet 2026, la Commission nationale des droits de l'Homme (CNDH) a rendu public un message dans lequel elle met en lumière les progrès enregistrés en faveur des droits des femmes au Mali, tout en appelant les autorités et les acteurs de la société à redoubler d'efforts face aux défis qui demeurent.
Cette année, la célébration est placée sous le thème de l'Organisation panafricaine des femmes : « Assurer la disponibilité durable de l'eau et des systèmes d'assainissement sûrs pour atteindre les objectifs de l'Agenda 2063 ». Au Mali, le thème officiel retenu est : « L'accès universel à l'eau et à l'assainissement pour chaque femme, une priorité pour la Vision 2063 du Mali ».
Instituée le 31 juillet 1962 à l'issue de la première Conférence des femmes africaines tenue à Dar es Salam, en Tanzanie, cette journée est devenue un rendez-vous majeur de reconnaissance des contributions des femmes africaines au développement du continent, à la promotion de l'égalité des genres et à la défense de leurs droits. Elle commémore également la création de l'Organisation panafricaine des femmes.
Dans son message, la CNDH salue les efforts entrepris par les autorités maliennes pour améliorer la situation des droits des femmes.
L'institution relève notamment la progression du taux de participation des femmes à l'emploi, désormais estimé à 40 %, qu'elle considère comme un indicateur encourageant du renforcement de leur place dans la vie économique.
La Commission se félicite également du lancement, en 2025, du projet « Femmes Leaders », destiné à promouvoir le leadership féminin dans les sphères publique, politique et sociale. Elle souligne par ailleurs que l'autonomisation des femmes demeure une priorité des politiques publiques nationales.
Pour la CNDH, ces initiatives témoignent d'une volonté de renforcer la participation des femmes au développement du pays.
Malgré ces avancées, la Commission estime que de nombreux obstacles continuent d'entraver la pleine jouissance des droits des femmes.
Elle déplore notamment que le Mali demeure l'un des rares pays du Sahel ne disposant pas d'une législation spécifique interdisant les mutilations génitales féminines, même si le Code pénal adopté le 13 décembre 2024 criminalise certaines atteintes liées au genre.
L'institution exprime également sa vive préoccupation face à la progression de la justification des violences conjugales. Selon les données citées, la proportion de personnes estimant ces violences acceptables est passée de 73 % en 2022 à 79 % en 2025, une évolution jugée alarmante.
Un appel à une mobilisation collective
Face à cette situation, la CNDH invite le Gouvernement à poursuivre et renforcer les actions visant à garantir les droits des femmes et des filles dans tous les domaines de la vie. Elle insiste sur la nécessité de promouvoir une véritable égalité des chances entre les femmes et les hommes afin de bâtir une société plus inclusive et respectueuse des droits humains.
L'institution encourage également les organisations de la société civile à intensifier les campagnes de sensibilisation pour faire évoluer les mentalités et lutter contre les pratiques traditionnelles néfastes qui compromettent l'exercice des droits des femmes et des filles.
En conclusion, la Commission nationale des droits de l'Homme adresse ses vœux de bonne célébration à l'ensemble des femmes africaines, avec une pensée particulière pour celles vivant au Mali.
« La protection des droits de l'Homme est une responsabilité partagée. Nul n'est à l'abri de la violation de ses droits », rappelle la CNDH, réaffirmant son engagement en faveur de la promotion et de la défense des droits fondamentaux.
Cyril DAKPITI