Le sommet Africa Forward, organisé à Nairobi au Kenya, s’est achevé par une prise de parole du président français Emmanuel Macron sur l’avenir des relations entre la France et l’Afrique. Lors d’un entretien accordé à RFI, France 24 et TV5 Monde, le chef de l’État a défendu sa politique africaine et réaffirmé son attachement au continent. « L’Afrique va réussir et nous réussirons avec elle », a-t-il déclaré, estimant que la jeunesse africaine représente un atout majeur pour l’avenir mondial.
À un an de la fin de son second mandat, Emmanuel Macron a expliqué vouloir poursuivre la construction d’un partenariat « plus équilibré » entre Paris et les pays africains. Il a reconnu l’existence d’une défiance envers la France dans certaines opinions publiques africaines, tout en affirmant que cette perception est alimentée par des campagnes d’influence étrangères et certains activistes.
Le président français est également revenu sur la réduction progressive de la présence militaire française sur le continent. Selon lui, le retrait des troupes françaises de plusieurs pays sahéliens ouvre la voie à une coopération sécuritaire « plus saine et plus équitable ». Il a estimé que les anciennes bases militaires françaises étaient parfois utilisées pour nourrir des accusations de recolonisation.
Concernant les crises sécuritaires en Afrique, Emmanuel Macron a évoqué la situation au Mali, où les violences jihadistes persistent. Il a aussi abordé les tensions entre la RDC et le Rwanda, privilégiant « la voie du dialogue » entre Félix Tshisekedi et Paul Kagame plutôt qu’un recours immédiat aux sanctions. Sur le Soudan, il a appelé à un cessez-le-feu rapide et à une pression diplomatique accrue sur les parties impliquées dans le conflit.
Le chef de l’État français a enfin évoqué les conséquences des tensions au Moyen-Orient sur les économies africaines. Il a annoncé son intention de porter au prochain sommet du G7 la question de la réouverture du détroit d’Ormuz, jugée essentielle pour le commerce international. Emmanuel Macron a également dénoncé l’escalade des tensions entre Washington et Téhéran ainsi que le non-respect du cessez-le-feu au Liban.
Jeremy Ahossou