La récente libération de 75 personnes qualifiées de « détenus politiques » par l’opposition togolaise a ravivé les revendications politiques autour des arrestations liées aux crises sociopolitiques. Bien que ces remises en liberté s’inscrivent dans une vaste grâce présidentielle ayant concerné 1 511 détenus à l’occasion du Nouvel An, les regroupements politiques et citoyens estiment que le geste reste insuffisant au regard de leurs exigences.
Face à la presse hier lundi 5 janvier 2026, le Front « Touche pas à ma Constitution », la DMP, la DMK et la LDP ont salué une avancée tout en maintenant la pression sur les autorités. Selon eux, environ 70 autres personnes seraient toujours détenues pour des raisons politiques. Ces organisations réclament leur libération immédiate et inconditionnelle, considérant que toute démarche d’apaisement véritable doit aller au-delà de mesures qu’elles jugent partielles.
Ces revendications s’inscrivent dans un contexte politique marqué par de fortes tensions depuis la révision constitutionnelle d’avril 2024 et l’instauration du régime parlementaire en mai 2025. Pour l’opposition et une partie de la société civile, la question des détenus politiques demeure centrale, symbole des désaccords profonds sur l’orientation institutionnelle et démocratique du pays.
Au-delà des libérations, les organisations mobilisées exigent également le retour des exilés politiques et la reconnaissance du caractère politique de certaines arrestations. Alors que le gouvernement continue de rejeter l’existence même de détenus politiques, le maintien de ces réclamations souligne la persistance d’un climat de défiance et fait de ce dossier un point névralgique du débat politique togolais.
Jeremy Ahossou