En marge de l’Assemblée générale des Nations unies à New York, le ministre togolais des Affaires étrangères, Robert Dussey, a apporté des précisions sur plusieurs dossiers diplomatiques et sécuritaires concernant le Togo. Interrogé par France 24, il s’est notamment exprimé sur l’initiative « Correct the Map », la coopération avec la Russie, la situation au Sahel, la menace terroriste dans le nord du pays et les relations avec la France.
Concernant la résolution adoptée le 4 septembre par l’Assemblée générale de l’ONU, Robert Dussey a défendu l’initiative portée par le Togo au nom du groupe africain. Le texte, approuvé par 164 pays, vise à promouvoir des représentations cartographiques donnant une image plus fidèle des superficies des continents. Le ministre a souligné que cette démarche ne remet nullement en cause les frontières internationales et ne constitue pas une initiative à caractère territorial ou géopolitique.
Sur la coopération avec la Russie, Robert Dussey a démenti la présence au Togo de centaines de membres d’Africa Corps ou de « mercenaires russes ». Il a toutefois reconnu la présence de formateurs chargés d’accompagner les forces togolaises dans l’utilisation de certains équipements acquis auprès de Moscou. Le ministre présente cette collaboration comme une coopération technique, inscrite dans les relations diplomatiques établies entre les deux pays depuis 1960.
Le chef de la diplomatie togolaise a également réaffirmé la volonté de Lomé de maintenir le dialogue avec le Mali, le Burkina Faso et le Niger, membres de l’Alliance des États du Sahel. Il estime que l’isolement de ces pays ne constitue pas une réponse aux défis sécuritaires et appelle plutôt à renforcer la coopération régionale contre le terrorisme. Concernant le nord du Togo, il assure que le dispositif sécuritaire a été renforcé et que la collaboration avec le Burkina Faso contribue à contenir la menace.
Enfin, Robert Dussey a rejeté l’idée d’une dégradation des relations entre le Togo et la France, malgré plusieurs sujets de tension récents, notamment la suspension de France 24 et de RFI ainsi que l’arrestation de deux journalistes français, depuis libérés. Selon lui, les deux pays continuent de dialoguer et entretiennent toujours de bonnes relations, même si certains malentendus peuvent exister.
Jeremy Ahossou