Le Premier ministre, le Général de Division Abdoulaye Maïga, a procédé ce jeudi 24 septembre 2026, à la Primature, au lancement officiel de trois initiatives majeures consacrées à l’engagement citoyen, à la lutte contre la mendicité et à la prévention des troubles dans l’espace religieux.
Au nom du Président de la Transition, le Général d’Armée Assimi Goïta, le Premier ministre, le Général de Division Abdoulaye Maïga, a donné, jeudi à la Primature, le coup d’envoi de trois grands chantiers présentés comme des leviers de construction du « Mali Kura ». La cérémonie a réuni des membres du Gouvernement, des leaders religieux, des autorités traditionnelles ainsi que des représentants de la société civile.
Dans son intervention, le Premier ministre a rappelé la mission confiée par le Chef de l’État à l’issue des Assises nationales de la Refondation. Il s’agit, selon lui, de poursuivre la transformation de l’espoir suscité par la refondation du pays en actions concrètes.
Le premier chantier concerne la mobilisation pour l’engagement citoyen. À travers la Stratégie nationale de mobilisation citoyenne, les autorités entendent favoriser une implication plus importante des citoyens dans la construction du pays.
Cette stratégie repose sur quatre piliers : le « Maliden Kura », le « Maaya ni Danbe », le « Mali kura jɔsen » et le « Faso Nieta Kunafoni ». L’objectif affiché est de créer, dans les régions, les établissements scolaires et les différentes communautés, des espaces favorisant la participation citoyenne et le sens du bien commun.
Le deuxième chantier porte sur la sauvegarde de la dignité humaine, avec le lancement de la Stratégie nationale de lutte contre la mendicité pour la période 2026-2028.
L’approche retenue se veut avant tout sociale et préventive. Elle vise à agir sur les causes de la vulnérabilité plutôt qu’à privilégier une réponse répressive. La protection de l’enfant, la responsabilisation des familles, l’accompagnement des maîtres coraniques, l’éducation inclusive et la réinsertion constituent les principaux axes de cette stratégie.
À travers cette démarche, les pouvoirs publics veulent apporter une réponse durable au phénomène de la mendicité, notamment lorsqu’il touche les enfants et les personnes en situation de vulnérabilité.
Le troisième chantier est consacré à la paix des cœurs et des esprits. Les autorités mettent en avant les risques de division liés notamment aux discours de haine et à la circulation de contenus sur les réseaux sociaux.
Dans ce cadre, l’initiative prévoit la mise en place d’un Comité de réflexion sur la prévention des troubles dans l’espace religieux. Celui-ci aura notamment pour objectif de contribuer à l’harmonisation des pratiques, à l’encadrement des prêches, à la gestion des lieux de culte et à la prévention de l’extrémisme violent.
Pour le Gouvernement, la préservation du vivre-ensemble constitue un enjeu central dans la consolidation de la paix et de la cohésion nationale.
La paix et la réconciliation au cœur du message
Le Premier ministre a particulièrement insisté sur la paix et la réconciliation nationale. Il a inscrit les trois initiatives dans la continuité de la Charte nationale pour la paix et la réconciliation de juillet 2025.
Selon lui, ces démarches ne doivent pas être considérées comme de simples programmes administratifs. Elles sont appelées à constituer les fondations d’un véritable projet de société, reposant sur la responsabilité collective, le dialogue et le respect du bien commun.
Le Général de Division Abdoulaye Maïga a ainsi appelé chaque Malienne et chaque Malien à se considérer comme une « sentinelle de la cohésion nationale ». Il a exhorté les citoyens à rejeter les discours de division, à privilégier le dialogue et à transmettre aux jeunes générations les valeurs nécessaires à la construction d’un Mali nouveau.
À travers ces trois chantiers, l’Exécutif entend ainsi placer l’engagement citoyen, la dignité sociale, le dialogue interreligieux et la réconciliation au cœur de la construction du « Mali Kura ».
Cyril DAKPITI